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- Election d’Obama: un malaise historique Politique - 06-11-2008 - TSCF

Les Illusions dangereuses

Barack Obama, dont les Américains viennent de faire leur premier président noir, a remporté 52% des voix au niveau national contre 46% pour son adversaire républicain John McCain, ont rapporté mercredi les médias américains. C’est la première fois qu’un démocrate remporte la majorité du vote populaire depuis Jimmy Carter en 1976 et M. Obama le fait avec le meilleur score depuis Lyndon Johnson en 1964. M. Obama a obtenu 62,98 millions de voix et M. McCain 55,78 millions, selon la chaîne NBC. Des chiffres similaires à ceux de la chaîne Fox News, qui attribue 62,95 millions de voix au démocrate et 55,75 millions au républicain. Près des deux tiers des électeurs inscrits ont participé au scrutin au niveau national, soit 64,1%, selon Michael McDonald, de la George Mason University, cité par le site indépendant RealClearPolitics qui souligne que ce taux de participation n’avait plus été atteint depuis 1908. A 18H00 heure belge, d’après les résultats de 48 Etats et du district fédéral (Washington DC, la capitale), Barack Obama avait obtenu 349 mandats de grands électeurs contre 163 à John McCain. Pour être élu, il devait obtenir la majorité des mandats (270) sur 538. (Belga 05/11) 

Oui, cette élection est historique… comme les autres.

Si l’on regarde les chiffres, cependant, on voit que le candidat Obama a été élu avec 52% des voix. En termes de vote populaire, il s’agit d’une victoire finalement plus mince que ce que l’on dit, surtout après ce battage médiatique, un financement pléthorique, l’explosion de la crise boursière en pleine campagne électorale, et huit ans d’administration républicaine devenue tardivement mais profondément impopulaire auprès des Américains.

Il se trouve qu’ aux Etats-Unis, le président de l’Etat fédéral n’est pas élu au suffrage universel direct, mais par un collège composé de 538 grands électeurs répartis entre les Etats selon leur poids démographique. Dans tous les Etats sauf le Nebraska et le Maine, le candidat qui obtient la majorité des voix des électeurs recueille toutes les voix des grands électeurs - c’est la règle du "winner takes all". L’avance d’Obama dans le vote populaire ne s’est donc transformée en une victoire "écrasante" que dans le collège électoral. Ce n’’est qu’en raison de cette dose importante de scrutin "majoritaire" que sa victoire a pu être qualifiée ainsi – au niveau "censitaire" des grands électeurs.

On constate aussi, contrairement à ce qui est affirmé par la presse, une relative cohérence de la carte politique, avec les Etats du Midwest et du Sud restant républicains, parfois d’une façon très significative. Certes Obama a été élu en Floride, Indiana et Virginie, mais en politique il est fréquent que, lorsque la population aspire au changement et qu’un mouvement national se produit, des circonscriptions passent d’un camp à l’autre, sans pour autant que cela soit irréversible.

Désarroi profond, besoin de changement après 8 ans d’administration républicaine, besoin de protection face aux nouvelles incertitudes économiques, aspiration de la population ethnique à être réhabilitée – les motivations ne sont pas toutes positives qui ont conduit le peuple américain à élire un inconnu rhétorique et peu expérimenté, à l’histoire familiale difficile, et qui n’est même pas un Noir américain à proprement parler, mais le produit du brassage ethnique qui s’est développé à partir des années 1960. L’intéressé a présenté habilement sa propre ambiguité comme un argument en faveur du rêve américain d’ouverture à tous les possibles. Espérons que ce gonflement rhétorique ne sera pas une simple bulle spéculative.


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