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Social Capital

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L'actualité du capital social, de la vie en société et des options de société.

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- Valeurs et Religion: la nouvelle spiritualité Société, Spiritualité - 20-04-2009 - TSCF

 

 Vers une conscience spirituelle diffuse ?

La Suisse est un véritable laboratoire religieux. La plupart des religions du monde y sont représentées. Aujourd’hui, le pays compte 491 groupes religieux. Une formidable diversité, qui recèle des risques, mais aussi des chances. Dans un livre qui va paraître prochainement, une vingtaine de chercheurs exposent les enjeux – politiques, culturels, sociaux, juridiques, médiatiques, etc. - de cette pluralité.

Par exemple, celle de l’islam. Dans l’esprit du public, les musulmans forment une communauté monolithique. Or, il n’en est rien. «Les musulmans de Suisse n’affichent aucune unité culturelle, ethnique ou linguistique», remarquent les auteurs. Ce sont les attentats contre les tours du World Trade Center en 2001 qui ont mis en valeur l’appartenance religieuse des membres de ces différentes communautés. Pourtant, selon les auteurs, «c’est surtout le sentiment d’appartenance à une ethnie qui forge leur identité». Malgré leur diversité, les communautés musulmanes de Suisse ont cependant des revendications communes (port du voile à l’école, constructions de minarets, etc.) qui entraînent des craintes et même des conflits. «L’acceptation et l’intégration de l’islam au sein de la société suisse ne sont pas encore acquises», soulignent les chercheurs.

Les problématiques liées à l’islam ont d’ailleurs totalement éclipsé l’intérêt porté aux sectes. Les «nouvelles communautés religieuses» (NCR), comme les appellent les auteurs, ont fait beaucoup parler d’elles au moment des crimes commis au sein de l’Ordre du Temple solaire. Depuis, le débat soulevé par ces communautés, dont le nombre est incertain (100 à 200) et qui représentent environ 1,5% de la population, s’est fortement essoufflé. De plus, «nombreuses sont les NCR qui observent une stagnation, voire un recul, du nombre de leurs membres, constatent les auteurs. Cette évolution provient notamment des désaffiliations, du faible nombre de naissances ou de l’échec de la socialisation à l’intérieur des communautés.

Cependant, les Suisses manifestent un intérêt croissant pour la religiosité non organisée et les spiritualités ésotériques et alternatives. Ainsi, 33% d’entre eux croient à la réincarnation, 35 à 45% approuvent le parareligieux, comme les croyances aux guérisons miraculeuses, aux porte-bonheur, à la prédiction de l’avenir, 30% considèrent le spiritisme comme vraisemblable, et 30% croient à l’existence des extraterrestres. «L’idée ésotérique selon laquelle il existe une source et une vérité sous-jacente communes à toutes les religions est soutenue, du moins indirectement, par 52,8% des Suisses», remarquent les chercheurs.  (Le Temps 11/04/ 2009).

Le fait que ces chercheurs écrivent que l’acceptation et l’intégration de l’islam au sein d’une société occidentale ne sont pas ENCORE acquises est sans doute un tribut qu’ils payent au maître qui les paye. La soit-disant "perception monolithique des musulmans" est un faux problème. En les désignant ainsi les gens ne font qu’user d’une appellation commode pour exprimer un problème qu’ils ressentent et qu’ils constatent. Ce problème concerne un groupe ethnique plus que religieux . Cela n’empêche pas que ce groupe puisse être diversifié ni qu’il puisse avoir des contours mouvants.

Les chiffres relatifs aux sectes doivent être pris avec prudence, car les "observations" faites par les sectes sur elles-mêmes sont très peu fiables, sans parler de l’utilisation confuse du mot "communauté" - dont le Pouvoir a tout intérêt à brouiller le sens. Il est peu plausible que 33% des Suisses croient fermement en la réincarnation – peut-être tout au plus en acceptent-ils l’idée dans son principe. Il est inapproprié de désigner la nouvelle spiritualité du nom d’"ésoterisme"  - qui soit désigne un courant religieux historiquement précis, soit dénote quelque chose d’hermétique et de caché, alors que ce n’est pas de cela qu’il s’agit. La nouvelle spiritualité s’appelle tout simplement spiritualité. La prédiction de l’avenir n’est pas une pratique ou croyance de type religieux. On ne sait rien du déclin futur "inéluctable" des Eglises. Bref, une fois de plus… indépendance d’esprit, clarté conceptuelle et absence de préjugés ne semblent pas les premières caractéristiques des chercheurs en sciences sociales.

Si cette recherche ne semble pas pouvoir nous apprendre grand-chose, elle nous rappelle, néanmoins, la force du renouveau spirituel dans les sociétés occidentales. Les notions et les démarches de la spiritualité - certaines associées à des processus thérapeutiques, d’autres non - se répandent et entrent dans les mœurs. On assiste aussi à certain retour de la religion en politique. Cela a pu être le cas à propos d’Al-Khaïda et la soit-disant "guerre contre le terrorisme", mais aussi avec des réinterprétations récentes de la laïcité étatique en France.  Au vide spirituel qui résulte des valeurs du Pouvoir – matérialisme économique, hédonisme, individualisme, consumérisme – s’opposent de nouvelles et puissantes aspirations. Nous sommes aujourd’hui loin de la mort de Dieu annoncée dans le contexte de la laïcisation européenne au XIXème siècle.


(4.5/5 - 11 Votes)
religion   Suisse   valeurs  
- Convivialité: la semaine du bonjour Ethique - 25-05-2008 - TSCF

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La semaine du bonjour: les gestes élémentaires

Si vous dites "bonjour" spontanément à un inconnu en rue entre le 5 et le 9 mai, tout ce que vous risquez est de gagner 25 ou 25.000 euros. Des membres de "Message sans nom", un groupe qui milite pour une société plus amicale et soucieuse de l’autre, arpenteront en effet les rues à la recherche de ces "bonjours" spontanés durant la "Semaine du bonjour". "Message sans nom" part du principe que de petits changements suffisent à rendre la société plus agréable. Pour récompenser les personnes amicales, une "équipe du bonjour" anonyme arpentera les rues du pays et offrira jusqu’à 100 fois 25 euros par jour à qui leur dira bonjour spontanément. Deux d’entre eux gagneront même 25.000 euros. "C’est facile de mobiliser les gens mais il faut un encouragement. Notre objectif est donc de donner une petite étincelle à ce geste simple que nous voulons installer", explique le directeur créatif de la campagne.

 La Semaine du Bonjour, qui s’est déroulée du 5 au 9 mai, a remporté un grand succès, a indiqué mardi Piet Jaspaert, coordinateur de l’asbl Message sans Nom. L’action va désormais être déclinée avec l’accroche "Dites bonjour et gagnez… un million de sourires, un collègue de bonne humeur, des voisins sympas…". Les plus courtois ne seront donc plus récompensés d’une somme d’argent. Avec le slogan "Dites bonjour et gagnez 25.000 euros", la campagne a sillonné la Belgique la semaine dernière. "La campagne a aussi énormément attiré l’attention des médias et celle des institutions et des entreprises", a indiqué Piet Jaspaert. Le but était d’offrir 25 euros à 100 personnes qui diraient spontanément "Bonjour" dans la rue. L’équipe n’a pu trouver que 35 "Bonjours" spontanés par jour. "Cela prouve qu’il faut oeuvrer pour une société plus amicale et attentive", a jouté M. Jaspaert. La campagne va être prolongée ces prochaines semaines. Via le site web www.messagesansnom.be, des idées sont récoltées pour dire "bonjour" d’une façon nouvelle. Les meilleurs idées seront publiées fin 2008 dans un livre édité par Message sans Nom. La campagne a reçu beaucoup d’attention de l’étranger également (Belga, 29/04/2008 et 13/05/2008).

Derrière sa simplicité apparente, cette initiative va loin! Elle a le mérite de reposer sur leurs bases les gestes élémentaires qui sont indispensables non seulement pour la communication interpersonnelle, mais pour le vivre-ensemble et, finalement, pour la création de capital social durable.

social capital 4Quelles que soient les vicissitudes de la vie sociale ou nos frustrations individuelles, il faut poser ces actes minimaux sur lesquelles tout rapport social se construit : la reconnaissance de l’autre dans l’espace public par le regard, le sourire et le salut. Peu importe si ce salut est mal reçu, ne reçoit pas de réponse, ou est mal interprété. Il faut avoir le courage et la patience d’apporter cette contribution individuelle modeste, mais réelle, à la restauration de la civilité et du bon voisinage. Nul doute que le chemin sera long dans les sociétés les plus bloquées: la Flandre, la France…:). Mais il faut persévérer.

Qu’il nous soit permis de douter de l’adhésion sincère à cette éthique d’Electrabel, Fortis ou la Loterie Nationale, qui ont financé cette initiative… ce sont des sponsors aux visées publicitaires, qui n’en ont sans doute pas compris la portée profonde. Leur nature et leur comportement: exploitation financière de la population dans le cas d’Electrabel, comportement de raider dans le cas de Fortis, opium des jeux populistes dans le cas de la Loterie Nationale…ne semblent guère cadrer avec la restauration du lien social.


(4.4/5 - 28 Votes)
- Immigration: des chercheurs militants Ethnicité - 27-05-2007 - TSCF

2150782035La croix et le croissant: l’improbable dialogue

 Une étude de l’Université catholique de Louvain (UCL) en atteste: plus de la moitié des personnes interrogées estiment que le port du voile « va à contre-courant de la société moderne ». Près d’une sur quatre ne le tolère même pas sur la voie publique. Le voile est perçu comme le signe d’une soumission (par près de sept personnes sur dix), comme un symbole antioccidental (par 31 % des sondés), voire comme une provocation (23 %). A peine un sondé sur cinq y voit l’expression d’une liberté.
 
Les chercheurs du Centre de psychologie de la religion de l’UCL n’en sont pas restés à ce simple constat statistique. Ils ont voulu identifier ce qui, dans la nature humaine, alimentait l’aversion à l’égard du voile… Deux facteurs explicatifs étaient généralement avancés par les experts : un racisme diffus (le rejet d’autrui, la peur de la différence) et un idéal d’autonomie, d’émancipation individuelle (le voile étant alors perçu comme l’instrument de la prétendue soumission des femmes musulmanes).
 
Surprise : l’étude démontre que plus les personnes interrogées valorisent les valeurs d’autonomie, d’émancipation personnelle, plus elles ont tendance à accepter le port du voile. « Contrairement à l’idée reçue, c’est donc principalement le racisme qui suscite en grande partie l’hostilité au voile, commente le professeur Vassilis Saroglou. Mais il n’est pas exclu, nuance-t-il, que la présence marquée du voile dans l’espace public alimente un racisme sous-jacent. ». Quoi qu’il en soit, ce racisme ambiant (moins basé sur l’ethnie que sur le mépris de la nature de certains groupes) apparaît clairement, et à travers deux enquêtes indépendantes successives, comme le facteur « prédictif » le plus déterminant du rejet du voile. Ce qui ne signifie évidemment pas que tous ceux qui s’opposent au port du voile sont racistes. D’autres variables explicatives entrent en ligne de compte. Le jeu des corrélations permet ainsi aux chercheurs de dresser le profil psychologique type de l’adversaire du voile… Il est plutôt âgé (plus on est jeune, plus on accepte le voile), anticlérical « primaire » ou bien religieux orthodoxe, convaincu de sa supériorité culturelle. Sécuritaire, conformiste, il valorise le pouvoir, la réussite, l’hédonisme. Il est politiquement marqué à droite… A l’inverse, les plus tolérants à l’égard du voile se caractérisent par l’importance qu’ils accordent à l’autonomie de l’individu (liberté, indépendance…), par leur sens de la spiritualité, leur caractère universaliste, une personnalité ouverte à l’expérience (curiosité intellectuelle, attrait pour l’art et la culture, créativité)…
 
minaret1Vassilis Saroglu, Coralie Buxant et Matthieu Van Pachterbeke déduisent de leur recherche une double responsabilité : « Pour la société d’accueil, cela implique la nécessité d’un travail incessant sur le racisme qui couve en son sein… Un travail d’éducation à la différence à l’école, via les médias, etc. Pour la communauté musulmane, il s’agit de tenir compte du regard pour le moins suspicieux d’une frange importante de la société. Une réflexion éthique, spirituelle et pragmatique sur une pratique religieuse qui doit aussi tenir compte du regard d’autrui. ». Nombre d’acteurs associatifs musulmans s’inscrivent d’emblée dans cette perspective de promotion du « vivre ensemble », en rappelant, par exemple, que le Coran n’impose en aucune manière le port du voile aux musulmanes. Ou encore en incitant les jeunes filles qui portent le voile à le retirer si le règlement d’ordre intérieur de leur école l’interdit.
 
En revanche, la société belge tarde à concrétiser ses promesses… Voici tout juste deux ans, la Commission du dialogue interculturel refusait de prendre parti pour l’interdiction du voile à l’école, constatant que « notre histoire, notre Constitution, la structure de nos institutions scolaires ne sont pas celles de la France ». Les sages de la Commission avaient pointé d’autres priorités : rééquilibrer la répartition des élèves, notamment par des incitants financiers pour les écoles qui réalisent la mixité culturelle, ou encore réduire de moitié le volume des cours de morale et de religion, en fin de secondaire, au profit de cours de philosophie. (Le Soir, 26/05/2007).

3788750440Les pseudo-experts de l’UCL ont-ils réellement écrit de telles insanités, ou leurs propos ont-ils pris un tour caricatural sous la plume d’un journaliste politisé? On savait les chercheurs en sciences sociales souvent militants, mais pas de façon aussi flagrante.

70 % des Belges se voient qualifiés de racistes. A rappeler toutefois que la signification de ce mot est extrêmement floue et son emploi chargé d’une fonction polémique de contrôle, d’inhibition, de production d’une orthodoxie intellectuelle. Car qu’est-ce qu’être raciste? Tout souhait de rester entre soi, de former une communauté, peut être stigmatisé par cette expression. Pour autant, il n’est nul besoin de recourir aux concepts vagues de rejet d’autrui (?) ou de peur de la différence (??) pour disqualifier le désir, en soi sain et compréhensible, de fréquenter son propre groupe ethnoculturel, dans son propre pays et sur son propre territoire. Cette attitude n’est nullement incompatible avec l’existence d’échanges entre des cultures qui se respectent et se comprennent, chacune dans son identité, lors de voyages ou d’échanges commerciaux par exemple.

blue burkah 2Mais l’article va plus loin en traçant un portrait manichéen de ceux qui n’acceptent pas le port du voile (qualifiés de conservateurs, vieux, primaires…) et ceux qui l’acceptent (auxquels sont prêtées de merveilleuses qualités de créativité…). De ces divagations risibles il n’y a qu’une seule chose intéressante à tirer: le paradoxe qui consiste chez certains à associer le port du voile islamique avec la valorisation des libertés individuelles. Le voile islamique, de même que la bourkah, a pour sens de voiler les charmes des femmes au regard des hommes. Cela ne va pas dans le sens de la libéralisation des relations entre les sexes telle qu’elle peut découler d’une problématique de libertés individuelles…

La chute de l’article est à l’avenant: les minorités font tout pour s’intégrer à la société belge; la société belge ne fait rien pour intégrer les minorités. C’est la société belge qui doit s’adapter aux migrants (pour quel bénéfice? cela n’est pas précisé); ce n’est pas aux migrants de faire l’effort de l’intégration…:).

Pour autant, la Commission du Dialogue Interculturel a eu raison de pointer que notre tradition n’est pas celle de la France. L’Etat français ne se soucie pas de dialogue intercuturel, mais uniquement d’écraser les différences culturelles sous l’uniformité étatique. Le port du voile islamique dans les écoles est un problème que l’Etat français laïc a avec lui-même, et dont il a voulu se sortir en le qualifiant de "signe ostentatoire" - pléonasme grossier…


(3.6/5 - 29 Votes)
- Les politiques ethniques du Léviathan II Ethnicité - 21-03-2007 - TSCF

mosque1 Les politiques ethniques du Léviathan (II)

Le recteur de Lyon, Alain Morvan, devrait aujourd’hui être démis de ses fonctions et payer ainsi sa trop grande liberté de ton (…). Il reprendra sa chaire de professeur d’anglais à l’université. Un camouflet pour cet homme qui aurait manqué à son obligation de réserve de haut fonctionnaire. Alain Morvan s’était récemment opposé à l’ouverture du lycée musulman al-Kindi dans la banlieue de Lyon, qui a fini par ouvrir début mars. Il avait publiquement qualifié les porteurs du projet d’« intégristes » et déclarait vouloir se battre « jusqu’au dernier souffle pour l’intérêt des enfants ». Il avait aussi indiqué avoir subi des pressions de la part du ministère de l’Intérieur pour s’être opposé à cette ouverture. En huit mois, il aura refusé trois dossiers, mettant notamment en cause des salles trop petites, des sanitaires hors norme, une « direction fictive » ou encore la présence d’une conduite de gaz à l’air libre. Autant d’arguments rejetés par la justice administrative et le Conseil supérieur de l"Education. (Le Figaro, 21/03/2007)

Suite du précédent post: lorsque nous affirmons qu’il s‘agit bien de politiques, qu’elles soient explicites ou implicites, dites ou non-dites, en voici une preuve. Les exemples ne manquent pas, par ailleurs, de sanctions ou d’évictions administratives dont la véritable motivation est de s’opposer à des idées politiquement non-correctes. Une motivation soigneusement dissimulée, bien sûr, sous de pieux arguments professionnels ou juridiques.


(4.3/5 - 17 Votes)
- Les politiques ethniques du Léviathan I Ethnicité - 18-03-2007 - TSCF

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Les politiques ethniques du Léviathan (I)

1, La Flandre procédera en 2007 aux premières reconnaissances officielles de mosquées, a indiqué mardi le ministre flamand de l’Intégration civique Marino Keulen. Cette reconnaissance, conditionnée par la lutte contre l’extrémisme et la défense d’une société pluraliste, sera accompagnée de subsides aux bâtiments. Il s’agit de la mise en pratique du décret flamand sur le financement des cultes, la gestion des cultes ayant été partiellement régionalisée après les accords du Lambermont en 2001. Les Régions sont donc compétentes pour la reconnaissance de "communautés religieuses locales". Pour décrocher cette reconnaissance, Marino Keulen a édicté plusieurs conditions, dont celles d’accepter une société pluraliste et d’utiliser autant que possible le néerlandais dans le fonctionnement de la communauté. Les ministres du culte devront être "intégrés" et les communautés devront lutter contre l’extrémisme. Les sept premières mosquées reconnues par la Flandre le seront en 2007. Le salaire de leurs imams sera octroyé par le fédéral, la ministre de la Justice conservant la charge des cultes. La Flandre pourra octroyer des subsides pour les dossiers de construction. Un appui éventuel pourra être fourni par la province.En Flandre, où vivent quelque 150.000 musulmans selon Marino Keulen, la reconnaissance des mosquées et les conditions qui y sont liées devraient permettre de "normaliser les relations avec l’islam et sortir son culte de l’arrière-salle", a commenté le ministre flamand. "Cela doit contribuer à un islam flamand", a-t-il ajouté. L’Exécutif des musulmans de Belgique doit encore remettre à la Région flamande une liste de mosquées prioritaires. L’administration examinera ces dossiers, notamment en interrogeant les autorités locales et la Sûreté de l’Etat. Le budget flamand prévu pour 2007 est de 3,7 millions d’euros. (La Libre 07/11/2006)
 
2, Après des péripéties administrativo-juridiques longues de huit mois, le lycée musulman al-Kindi situé dans la banlieue de Lyon devrait ouvrir dès lundi prochain. « Nous accueillerons nos premiers élèves au retour des vacances de février », confie Tareque Ziouar, membre de l’association al-Kindi. Le Conseil supérieur de l’Éducation (CSE), instance nationale représentative, réunie en juridiction restreinte hier après-midi, a donné son accord à l’ouverture du lycée. L’instance a considéré qu’un dernier obstacle - des problèmes d’hygiène et de sécurité de l’établissement évoqués par le recteur de l’académie de Lyon - n’était pas suffisamment établi pour justifier l’opposition d’ouverture. Le recteur de Lyon, Alain Morvan, avait rejeté le dossier du fait de la présence d’une conduite de gaz à l’air libre et d’une éventuelle pollution des sols. Depuis huit mois, le recteur a refusé trois dossiers successifs, mettant notamment en cause des salles trop petites, des sanitaires hors norme puis une « direction fictive ». Autant d’arguments rejetés. Alain Morvan, qui aurait publiquement qualifié les porteurs du projet d’« intégristes », selon La Croix, déclarait récemment vouloir se battre « jusqu’au dernier souffle pour l’intérêt des enfants ». Sa marge de manoeuvre paraît aujourd’hui faible. Seul un recours du ministre de l’Éducation devant le Conseil d’État pourrait suspendre l’ouverture de l’établissement. Pour le moment, une trentaine d’enfants sont pré-inscrits en sixième et en cinquième. À terme, quelque 150 élèves sont attendus. (Le Figaro 05/03/2007)

mosque2Islam et nationalisme flamand, même combat? Le pouvoir étatique dans les pays européens n’a pour stratégie claire que d’installer l’Islam à demeure en Europe. L’Islam est une réalité internationale et fait intervenir des réseaux étendus. Si la petite Flandre veut le maîtriser en lui attribuant le qualificatif de «flamand» et lui conférant un statut administratif, sa démarche de canalisation des déviances à la mode néerlandaise est peut-être présomptueuse. Il est également présomptueux que l’Etat s’arroge un droit de «reconnaissance» à l’égard de groupes sociaux et d’organisations. On n’ose pas penser à ce qu’il serait possible de réaliser avec un budget annuel de 3,7 Mio d’euros pour un projet concret, en faveur de l’environnement ou contre la pauvreté par exemple…

Quant au lycée musulman de Lyon, l’information disponible est peu claire. S’il s’agit d’un établissement privé, il en existait déjà d’autres confessions. Et s’il s’agit d’un établissement étatique, l’Etat français, qui se veut laïc, est pris en flagrant reniement de sa stratégie ancestrale consistant à séparer l’Eglise de l’Etat. Les réticences que soulève cette ouverture de lycée sont moins d’ailleurs moins liées à l’aspect confessionnel proprement dit qu’à la présence massive d’une population ethniquement différente, dont la pérennité peut ainsi s’organiser. L’ouverture de ce type d’établissements signifie concrètement que cette population ne se dissoudra pas dans la population de souche, et ne retourna pas non plus au pays.

En Allemagne, plus récemment, un jugement officiel refusant un divorce accéléré à une femme musulmane, refus prononcé en référence à la loi coranique, a fait scandale, mettant en lumière l’installation progressive d’une société parallèle d’obédience musulmane.

Le dénominateur commun à ces politiques (car il s’agit, n’en doutons pas, de politiques explicites ou implicites) est qu’elles admettent et qu’elles promeuvent l’installation de l’immigration musulmane en Europe. La colonisation de peuplement de l’hémisphère Nord par les peuples du Sud, de plus en plus importante en dépit des affirmations rassurantes des gouvernements, est pourtant lourde de situations explosives, surtout associées à l’effondrement des Eglises en Europe.


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