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L'actualité du capital social, de la vie en société et des options de société.

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- Nouvelles du Léviathan: immigration, anomie, Etat policier Politique - 17-01-2007 - TSCF

1948507409 De l’intérêt de rapprocher des faits habituellement perçus séparément

Fait 1: Sans les voix des "nouveaux Belges", Anvers aurait été plus brune que jamais le 8 octobre dernier, selon une analyse de Jan Hertogen, sociologue flamand. C’est dans les districts où les nouveaux Belges ont connu la plus forte progression, tels qu’Anvers et Borgerhout, que le Vlaams Belang est en recul. Selon cette analyse, les nouveaux Belges ont progressé de 6,9% depuis 2000 dans le district d’Anvers. Dans le même temps, le Vlaams Belang y a perdu 1,2%. A Borgerhout, on a connu une augmentation des naturalisations de l’ordre de 7,5% et le parti d’extrême droite a reculé de 4,6%. La même analyse fait également ressortir qu’à Borgerhout toujours, parmi les "anciens Belges", le score du Vlaams Belang est en progrès. Dans les autres districts de Deurne, Hoboken et Merksem, le poids des nouveaux Belges n’est pas encore suffisamment lourd que pour inverser la tendance, indique le sociologue. C’est probablement la raison pour laquelle le VB y a connu le 8 octobre des scores historiques de plus de 40%, précise-t-il (Source: Belga, Anvers 15/01/2007)
 
Fait 2: Les polices des pays européens disposeront bientôt d’un accès automatique aux banques de données des autres Etats membres reprenant les informations relatives à l’ADN, aux empreintes digitales et aux plaques d’immatriculation. En Belgique, la procédure sera effective dès le mois d’avril. Au cours d’un Conseil informel des ministres de l’Intérieur à Dresde (Allemagne), les ministres ont évoqué l’intégration dans le cadre communautaire du traité de Prüm. Signé en 2005 par l’Allemagne, la France, l’Espagne, l’Autriche, les Pays-Bas, le Luxembourg et la Belgique, le traité prévoit des procédures plus souples pour l’échange d’informations sensibles, comme l’ADN et les empreintes digitales, entre les polices européennes. Il semble désormais qu’un consensus existe pour étendre la procédure aux 27 Etats membres, même si le Royaume-Uni, l’Irlande, la Pologne et la République tchèque ont exprimé des réserves quant à l’impact juridique et financier. En Belgique, le traité de Prüm a été ratifié et entrera en vigueur en avril. Le traité permet également l’organisation de patrouilles de police communes, les poursuites transfrontalières ainsi que l’échange de policiers dans le cadre de grands événements comme les tournois de football ou les sommets politiques (Source: Belga, Bruxelles 15/01/2007)

Il peut être intéressant de rapprocher entre eux des faits habituellement perçus comme séparés, en utilisant la méthode de la concomitance ou de la synchronicité.

D’une part, on assiste à une concurrence avérée des minorités ethniques face à une majorité affaiblie, en proie aux valeurs du Nouveau Léviathan: individualisme, hédonisme et consumérisme. Cette concurrence a un aspect économique et un aspect démographique, mais aussi une traduction politique. Cette étude le montre clairement, en mettant en relief une bipolarisation de l’opinion publique telle qu’elle s’exprime dans les suffrages et finalement dans les rapports de pouvoir politique, autrement dit la capacité à décider collectivement.

D’autre part, on assiste à une policiarisation de l’Europe dans les termes de traités obscurs, conclus entre des gouvernements en l’absence de tout contrôle démocratique réel. Certes, ces gouvernements pourront toujours expliquer à la ménagère naïve que ces dispositions vont la protéger contre les malfaiteurs. En réalité, ce n’est pas comme cela que l’on trouve les malfaiteurs, et cet espace policier européen représente une nouvelle étape dans la surveillance, déjà poussée, des populations, et dans la régression internationalement organisée des libertés publiques.

Ces deux éléments rapprochés sont illustratifs de la politique du pouvoir: exaspérant les tensions sociales d’un côté, et tentant de juguler artificiellement les effets de cette exaspération, que ce soit par des moyens politiques, juridiques ou policiers, d’autre part.


(3.9/5 - 12 Votes)
- Parlement européen: le cordonnier le plus mal chaussé Politique - 08-01-2007 - TSCF

4058130072Parlement européen: le cordonnier le plus mal chaussé

Le Parlement européen, c’est un peu Janus. Avec des eurodéputés qui remettent le prix Sakharov pour la liberté de l’esprit d’une part, et la chef du service audiovisuel Anne-Margrete Wachtmeister qui empêche une journaliste portugaise de tourner des images de la grève des auxiliaires-session du Parlement d’autre part. Des eurodéputés qui votent la création d’un fonds destiné à aider financièrement les salariés victimes de la mondialisation d’un côté, et une administration qui se sépare sans grand ménagement de ses cameramen, réalisateurs et autres cadreurs à l’issue de procédures qui, à tout le moins, posent question. (La Libre le 05/01/2007)

Voici une nouvelle illustration d’un facteur répandu de décrédibilisation des institutions: on parle, on dispose, on légifère pour les autres, mais on est incapable de s’appliquer les mêmes exigences à soi. L’observation est tout aussi vraie des administrations publiques qui prétendent réglementer le secteur privé et y promouvoir de positifs changements, mais qui sont archaïques et sous-gèrent leur personnel.

Cette contradiction est l’une des causes fondamentales du désenchantement à l’égard de la politique.

C’est l’une des réformes les plus urgentes à entreprendre que de moderniser les modes de gouvernement , ce qui englobe le fonctionnement du monde politique et celui des administrations. Passer, en somme, à un Etat plus modeste, plus compétent, plus cohérent, qui fait ce qu’il dit, tient ses promesses, donne l’exemple, et ne se contente pas de déclarations abstraites et de visées au seul usage des autres.


(4.3/5 - 11 Votes)
- La mascarade de l’euro Economie - 01-01-2007 - TSCF

Core inflation in the Euro zone remained at the four-year low level -- 1.5 per cent year-on-year -- according to data released by European Union's statistical office, Eurostat.

L’agonie du rêve euroimpérial

Alors que l’euro compte cinq bougies sur son gâteau, les nostalgiques du franc et autres détracteurs de la monnaie unique ont le vent bien calé en poupe. Et, même si la Slovénie devient le premier janvier le treizième Etat membre de la zone euro, le blues a gagné la plupart des participants de l’aventure. Ainsi, entre septembre 2002 et novembre 2006, la perception des avantages de la monnaie unique est tombée de 59 à 48 pc dans l’Union européenne, selon un eurobaromètre. Prenez la France : un récent sondage TNS-Sofres a démontré que 52 pc des Français estiment que l’euro est "une mauvaise chose" pour la France, contre 45 pc en décembre 2003… Et, en Allemagne, 58 pc des personnes interrogées affirment qu’elles reviendraient au mark si elles pouvaient choisir. Plusieurs facteurs permettent de comprendre cette dégringolade de l’enthousiasme européen par rapport à la monnaie unique. "Des craintes ont notamment été exprimées au niveau de l’augmentation des prix", observe Françoise Bernard, responsable "Marchés financiers" chez Fortis. Beaucoup auront eu l’impression qu’avec l’euro, un trou avait été percé dans leur porte-monnaie.(Source :La Libre, 29/12/2006).

Nous avions il y a déjà longtemps annoncé que l’euro était un mauvais projet. Les événements viennent confirmer l’analyse: stagnation et chômage de masse, inflation aggravée, désaffection des opinions publiques… Face à cet état de choses, les partisans de la monnaie unique européenne recourent à deux arguments.

D’une part, l’euro ne porterait qu’une responsabilité apparente dans la hausse des prix; tout serait affaire de psychologie… Mais les Européens ne sont pas dupes. En réalité, l’inflation officielle est sous-estimée. Les prix qui ont le plus augmenté (parce que le contrôle des consommateurs a été rendu plus difficile) sont ceux des articles de consommation courante - ceux qui pèsent le plus dans le panier de la ménagère. Des articles ont été sortis du panel des prix, et les entreprises ont mis fin à la production d’articles parmi les moins chers pour en produire de nouveaux, à des prix nouveaux.

D’autre part, d’après les partisans de l’euro, il serait impossible de revenir en arrière sauf à supporter des coûts et des dommages «extrêmement importants». Ce pseudo-argument qui vise à faire peur avait déjà été utilisé à l’époque du passage à l’euro. En réalité, les banques centrales nationales ont la capacité d’imprimer à nouveau facilement des devises nationales. La transition à un système de monnaies européennes coordonnées, comme l’ancien « serpent monétaire », est faisable, permettrait de gérer les différentiels de compétitivité avec souplesse, et présenterait des avantages encore plus importants que les éventuels inconvénients. La banque centrale européenne en serait garante, et elle serait réformée pour inclure dans ses objectifs statutaires la promotion de la croissance et de l’emploi.


(3.6/5 - 13 Votes)
- Le piège de l’euro Economie, Ethique, Justice - 05-12-2006 - TSCF

US dollar notes exchange hands at a local bank in BeijingL’euro qui monte, qui monte… quelles conséquences?

En quinze jours, la devise européenne a vu sa valeur gonfler de 4 pc face au dollar. Principale cause de la hausse : l’évolution contrastée des taux d’intérêts aux Etats-Unis et en Europe. Pas d’inquiétude pour l’instant, estime une analyste. Sans lever le petit doigt, le détenteur de fonds monétaires libellés en euros vient de voir ses actifs gonfler de 4 pc en quinze jours. Soit une hausse impressionnante de… 96 pc en glissement annuel ! À condition de se référer au dollar. Car bien qu’elle se soit aussi appréciée face à d’autres monnaies comme le yen, c’est face au billet vert que la devise européenne a enregistré cette progression fulgurante.

Pourquoi l’euro a-t-il bondi aussi fortement contre le dollar ? L’élément de réponse le plus évident réside dans le différentiel des taux d’intérêts entre les Etats-Unis et la zone euro. Alors que la Réserve fédérale américaine (Fed) a marqué une pause dans son cycle de relèvement des taux et pourrait même les abaisser vers mars ou avril 2007, la Banque centrale européenne (BCE) continue, de son côté, à serrer la vis monétaire. Les économistes s’attendent à une hausse du principal taux directeur de la BCE ce jeudi, à 3,5 pc. Et il se pourrait bien que ce ne soit pas la dernière. "Lors de sa précédente réunion , la BCE a laissé la porte ouverte à de nouvelles hausses des taux", explique Annick Pierard, analyste chez ING. "Selon nos estimations, elle relèvera encore ses taux d’un quart de point, au plus tôt en février. Dans l’état actuel, nous estimons que 3,75 pc sera le taux maximum pour 2007." Étant donné que, contrairement à la BCE, la Fed devrait quant à elle abaisser ses taux en 2007, les cambistes ont tendance à revoir leurs positions en dollars. Et à privilégier l’euro.(…) Les cambistes gardent aussi un oeil sur l’Asie. Car c’est là que se trouvent concentrés les deux tiers des réserves de change de la planète. "Quand la Banque centrale de Chine dit qu’elle pourrait diversifier ses réserves, il y a inévitablement un effet sur le marché des changes", souligne Annick Pierard. "L’inquiétude des opérateurs grandit et ils ont tendance à vouloir se couvrir contre une éventuelle baisse du cours du dollar".

En cas de hausse de l’euro, les entreprises qui exportent hors de la zone euro sont pénalisées, leurs biens et services devenant plus chers à la vente. A cet égard, le niveau actuel de la devise européenne (plus de 1,33 dollar) est-il critique ? "Non", estime Annick Pierard. "Loin de ne suivre que le cours de l’euro face au dollar, la BCE calcule un taux de change effectif permettant de mesurer la compétitivité des entreprises européennes. Le niveau de ce taux n’est pas encore préoccupant" .Il n’y aurait donc pas de quoi s’inquiéter pour la compétitivité européenne dans l’état actuel des choses. (Source: La Libre Belgique 05/12/2006).

Ce type de fausse bonne nouvelle a de quoi préoccuper, tant quant à la qualité de l’information journalistique qu’à celle de l’analyse économique.

L’économie de l’eurozone est exsangue. Il suffit de regarder autour de soi pour apercevoir l’apathie générale, le développement de la pauvreté, de la précarité, la faiblesse de la croissance, la permanence du chômage, la difficulté de vivre. La BCE suit une logique purement monétariste héritée de son histoire, et qui était celle de la Bundesbank avant elle; mais la Bundesbank opérait elle-même dans un contexte allemand d’économie sociale de marché qui n’est pas le contexte européen. A cet égard, la montée de l’euro n’est pas une bonne nouvelle. Que des spéculateurs boursiers ou commerciaux en profitent ponctuellement ou systématiquement est possible; c’est là leur affaire et non celle de la majorité. L’euro n’est pas "fort" parce qu’il est soutenu par une économie forte. Il monte parce qu’une économie exsangue génère moins d’inflation apparente, importe moins; parce que les coupes dans l’emploi et les salaires favorisent à court terme les profits financiers.

Il faut aussi remarquer que si l’euro progresse, c’est principalement et depuis le début, par rapport au dollar américain. Pourquoi? Tout porte à croire que le gouvernement américain a choisi de laisser filer le dollar pour faire financer ses gigantesques déficits par l’étranger, et singulièrement par l’Union Européenne, afin de poursuivre sa politique d’expansion et de soutien à l’économie, y compris l’économie militaire.

Nos "intelligents" dirigeants européens auraient-ils été pris au piège de leur ambition impériale? Ils pensent sans doute faire reposer sur la majorité des Européens les conséquences de leur politique…

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