Navigation
Contact et liens
Archives

Social Capital

description

L'actualité du capital social, de la vie en société et des options de société.

description
- Croissance de la dépression: une pathologie contemporaine Interpersonnel - 17-05-2007 - TSCF

depressionLa croissance de la dépression

 La consommation d’antidépresseurs augmente chaque année en Belgique. En 1996, on comptait quelque 390.000 patients sous antidépresseurs; ils étaient environ 860.000 fin 2006, selon une étude statistique de l’Association pharmaceutique belge (APB). L’étude constate le succès des antidépresseurs de la nouvelle génération. On estime que chaque mois 1.700 patients supplémentaires font appel aux médicaments de ce groupe. La majorité des patients sous antidépresseurs ne souffre pas d’une forme aiguë de dépression, celle qui présente un risque de suicide, constate le professeur Jean-Marie Maloteaux, des cliniques universitaires Saint-Luc. Ce ne sont pas en effet les psychiatres qui prescrivent le plus d’antidépresseurs, mais bien les médecins généralistes. Un nombre important de consultations chez le médecin de famille concerne des troubles de l’humeur ou du comportement qui portent atteinte à la qualité de la vie. Ces personnes doivent être aidées, admet le professeur Maloteaux, et la prescription d’un médicament peut faire partie du traitement, mais le médecin devrait accorder davantage de temps à ses patients qui souffrent de troubles psychiques. Il regrette que les médecins n’ont plus aujourd’hui suffisamment de temps pour l’écoute de leurs patients, alors qu’elle est d’une importance primordiale. De plus, la dépression est encore frappée d’un tabou social et souvent elle n’est pas considérée comme une véritable maladie, déplore encore le médecin (Belga, 10/05/2007).

Un plus-que-doublement de la consommation d’antidépresseurs en dix ans…

Il s’agit là d’une évolution universelle, remarquée par les travaux publiés par The International Scope Review en 2003-2004, et directement associée à la croissance du mal de vivre contemporain. La dépression sous toutes ces formes est devenue un tel problème de santé publique qu’elle fait l’objet de politiques gouvernementales explicites dans divers pays, comme la Grande-Bretagne ou l’Australie.

A ceci près que la dépression ou le mal de vivre ne relèvent pas des médecins, qui ne sont pas sélectionnés ni formés pour cela, mais des psychothérapeutes, des spécialistes du développement personnel et des travailleurs sociaux. L’emploi de thérapeutiques médicamenteuses peut être utile, mais peut aussi représenter une fuite devant les problèmes, l’emploi d’un remède « mécanique » pouvant représenter une parade simplificatrice aux maux de la vie sociale. Et il ne s’agit pas non plus de « temps » pour écouter les patients, mais de qualification et d’expertise dans ce type d’intervention. Il est vrai par contre que la dépression est encore stigmatisée, mais il ne s’agit pas pour autant d’une « maladie » au sens classique du terme.

Enfin, lorsque nous disons que la dépression et le mal de vivre relèvent des psychothérapeutes, des spécialistes du développement personnel et des travailleurs sociaux, nous ne parlons là que des remèdes immédiats, souvent efficaces, à un mal contemporain. La vraie cause de ce mal réside dans l’effritement du lien social et de la cohésion sociale, et la seule solution globale et de fond qui puisse exister est dans le renforcement de ces derniers.


(3.9/5 - 23 Votes)
- Poupées Barbie: les ambiguïtés de la femme en Occident Interpersonnel - 04-03-2007 - TSCF

 Femmes en Occident: libération ou manipulation?

La sexualisation à outrance de l’image de la femme et même de la petite fille dans les médias, la publicité et le marketing peut avoir des effets psychologiques et physiques néfastes sur les adolescentes et les jeunes filles, selon une étude rendue publique mardi. L’Association américaine de psychologie (APA) a publié un rapport qui analyse quelque 300 études parues au cours des 18 derniers mois, examinant des médias, en particulier la télévision, les films, les magazines et même les paroles de chansons et la silhouette des poupées. Cette pression que les experts appellent "sexualisation" base la valeur d’une personne essentiellement sur son sex-appeal et peut conduire à la dépression, à des troubles de l’alimentation et à de mauvais résultats scolaires, affirme l’APA. (…) Le rapport de 66 pages comprend une multitude de conseils pour les parents désemparés qui ne savent pas comment aider leur enfant à résister à cette pression, alors que, selon une étude de la Kaiser Family Foundation, près d’un petit Américain sur deux, âgé de 4 à 6 ans, a un poste de télévision dans sa chambre. Les auteurs ont également scruté les clips musicaux et dénoncé les paroles de chansons comme celles des "Pussycat Dolls" ("Don’tcha wish your girlfriend was hot like me? ", "Tu voudrais pas que ta petite amie soit sexy comme moi?") ou celles du rappeur 50 Cent ("I tell the hos (whores) all the time, Bitch get in my car", "Je dis toujours aux putes, monte dans ma voiture, salope"). La publicité mise aussi beaucoup sur la sexualisation. En 2003 aux Etats-Unis, les pré-adolescentes ont dépensé pour 1,6 million de dollars en strings, selon Time Magazine. Une marque de chaussures (Skechers) a ainsi utilisé la chanteuse Christina Aguilera, affublée de couettes, le T-shirt déboutonné et léchant une sucette. Les poupées Bratz, qui rivalisent avec Barbie, montrent "des petites filles en bikini dans des jacuzzis préparant des cocktails tandis que les garçons jouent de la guitare et font du surf". Les poupées sont vêtues de mini-jupes, de bas filet et de boas à plumes. (La Libre 20/02/2007).

On pourrait multiplier les exemples de sexualisation outrancière ou précoce, que ce soit dans le monde du rap, du cinéma, de la publicité, ou dans l’évolution factuelle des mœurs. Ou encore dans les tentatives bien-pensantes et malencontreuses d’éducation précoce (13 ans) à la vie sexuelle comme celle qui a été récemment menée par le ministère belge de la santé…On pourrait aussi renvoyer à la réflexion critique sur ces évolutions exprimée par les romans de Michel Houellebecq.Ces tendances ne datent pas d’hier. Elles peuvent être vraisemblablement datées de la nouvelle idéologie mise en place par le pouvoir à partir de la fin des années soixante dans les pays occidentaux. Une idéologie qui, comme l’ont montré nos recherches, repose sur trois piliers qui sont les valeurs du Nouveau Léviathan: l’individualisme, l’’hédonisme et le consumérisme. La recherche de l’épanouissement individuel par le plaisir et la consommation, laquelle peut être aussi relationnelle et sexuelle, est le facteur le plus puissant de déstabilisation du lien social contemporain.

Plus récemment, les racistes « blonde jokes » ont mis en lumière l’ambivalence de l’image de la femme occidentale (dont la femme blonde est le symbole), présentée à la fois comme la femme que tout le monde rêve d’avoir et comme une poupée stupide et facile. Force est de constater que dans la pornographie ou ailleurs, la sexualité «libérée» dépeint quasiment systématiquement la femme dans des situations et des postures humiliantes, soumises et dégradantes. Ou encore elle suggère que le comportement sexuel et amoureux de la femme devrait équivaloir à celui de l’homme, sans prendre garde au fait que les schémas d’interprétation en restent totalement différents. Il n’est pas étonnant que ce nouveau matraquage se traduise par des troubles psychologiques chez celles qui y sont le plus exposées et soit socialement détrimental à la femme, à son image et à son statut.

A cet égard, le fait que récemment Paris Hilton, cette héritière américaine qui s’est fait connaître par ses frasques sexuelles à l’écran et sa bêtise blonde, ait été sollicitée par Simba Toys pour choisir les vêtements et l’apparence d’une marque de poupées pour petites filles concurrente des poupées Barbie, peut apparaître comme un détail qui n’est pas de pur hasard.


(3.6/5 - 84 Votes)
- D’une addiction l’autre: tabagie et interdiction Société - 05-02-2007 - TSCF

wired2

Se désintoxiquer du tabac ou de l’Etat?

 Fumer au travail, dans les lycées, les centres commerciaux ou encore les hôpitaux est désormais interdit en France, mais les "accros à la nicotine" peuvent encore "en griller une" au café du coin, au moins pour quelques mois. Sont concernés par l’interdiction dans un premier temps les entreprises, établissements scolaires, administrations, commerces, centres commerciaux, établissements de santé, gares, aéroports, salles de sport, salles de spectacle…, et tous les moyens de transports collectifs. Dans onze mois, le 1er janvier 2008, l’interdiction s’appliquera aux cafés, restaurants, casinos et discothèques. Même les cours de récréation "à l’air libre" sont interdites de cigarettes. Les entreprises peuvent faire le choix d’aménager des "fumoirs", mais les conditions de mise en place et de fonctionnement sont particulièrement dissuasives. Avec la mise en place jeudi de la première étape de l’interdiction totale de fumer dans les lieux publics, la France emboîte le pas à ses voisins européens, Irlande, Italie, Suède, Grande-Bretagne, ou encore Espagne. La France pourra alors se targuer d’avoir une des réglementations les plus sévères en Europe, alors que Bruxelles s’est prononcé mardi pour une interdiction générale de fumer dans les espaces publics fermés, sans exception pour les restaurants, lançant un débat sur la nécessité ou non d’adopter une législation au niveau de l’UE. (AFP 01/02/2007)

Cette affaire met une fois de plus en évidence la manière dont l’Etat a progressivement envahi toutes les sphères de la vie publique au point de prétendre que « le public, c’est lui ! ». Il n’appartient pas à l’Etat, sauf dans un minimum de cas extrêmes relevant du droit pénal, d’interdire quel que comportement que ce soit dans un espace public qui n’est pas sa propriété et dont il n’a pas à disposer à sa guise.

Ce type de tentative, vraisemblablement voué à l’échec à terme, est d’un caractère d’autant plus abusif que la prohibition étatique – de sinistre mémoire – vise des comportements individuels et que le Léviathan Européen relaie de telles errances – toujours sous de pieux prétextes – au lieu de se préoccuper de déterminer par quel service concret aux citoyens il pourrait justifier son existence. Ce type de disposition anti-tabac doit rester du ressort de chaque établissement et, en dernier ressort, des forces du marché.

Dans la même veine, il existe en Belgique une vieille loi qui prohibe le fait d’être en état d’ébriété dans la rue. Le contrevenant risque jusqu’à 12 ans de prison. Il y a là une énormité, un abus manifeste qui conduit l’Etat à vouloir enrégimenter les citoyens y compris dans des domaines qui relèvent de la stricte liberté individuelle.

L’Etat doit se concentrer sur ses attributions naturelles qui sont la répression des crimes, la défense extérieure et la justice démocratisée, et cesser de pratiquer une intervention incessante, stérile et coûteuse sur le terrain des libertés individuelles et publiques.


(3.7/5 - 17 Votes)
abus   Etat   libertés   santé   société civile  
Home

Index
Liste de catégories
Liste de tags

Feed Entries