Navigation
Contact et liens
Archives

Social Capital

description

L'actualité du capital social, de la vie en société et des options de société.

description
- Structure de classe et pauvreté Société - 01-04-2007 - TSCF

L’explosion de la pauvreté dans les pays occidentaux

poverty 4
1, Près d’un cinquième des Grecs (19,6%) vit en dessous du seuil de pauvreté, selon une étude rendue publique par le ministère grec de l’Economie. (Belga 18/01/2007).
 
2, Le fossé entre les riches et les pauvres aux Etats-Unis est de plus en plus large et le nombre de personnes ayant basculé dans l’extrême pauvreté n’a jamais été aussi élevé depuis 30 ans, a rapporté une étude américaine publiée samedi. Près de 16 millions d’Américains (plus de 5% de la population totale) vivent dans "une pauvreté profonde et sévère", soit avec un revenu de moins de 9.903 dollars (7.540 euros) par an pour une famille de quatre personnes, dont deux enfants, indique une étude basée sur le dernier recensement américain datant de 2005, la McClatchy Newspapers analysis. Par individu, le seuil de "grande pauvreté" individuel correspond aux personnes dont le revenu n’excède pas 5.080 dollars (3.868 euros) par an. "L’analyse McClatchy a constaté que le nombre d’Américains très pauvres a augmenté de 26% de 2000 à 2005", poursuit l’étude. Cette augmentation "excède de 56% la croissance de l’ensemble de la population pauvre pendant la même période", note-t-il. (La libre 25/02/2007)
 
3, La croissance économique observée au cours des trois dernières années a diminué de moitié, contribuant ainsi à la hausse du chômage, qui touche près de 20 millions de personnes dans l’Union européenne, en grande majorité des femmes, et atteint des niveaux préoccupants de pauvreté et d’exclusion sociale, sachant que selon les toutes dernières données connues relatives à 2001, près de 70 millions de personnes vivent en situation de précarité, et que les objectifs de Lisbonne prévoient pour 2010, un taux d’emploi global de 70% et un taux d’emploi des femmes de 60%. (Rapport du parlement européen du 25/02/2005).
 
4, En 2004, la France comptait 6,9 millions de personnes pauvres, disposant de moins de 788 euros par mois pour vivre. (…) Près du quart de la population (22%) appartient à l’une ou l’autre de ces catégories (allocataires du revenu minimum d’insertion ou personnes cumulant des conditions de vie difficiles et de faibles ressources conduisant à des privations). (…) Dans la même période, la composition de la population pauvre a beaucoup évolué. Elle compte moins de familles nombreuses et davantage de personnes seules et de familles monoparentales. (Le Monde 27/03/2007)
poverty 4

Ces données montrent d’abord le retour et la généralisation du phénomène de pauvreté.

La méthode de calcul du seuil de pauvreté utilisée par la Banque mondiale retient un seuil de pauvreté absolu identique pour l’ensemble des pays de la planète, alors que l’INSEE français calcule un seuil relatif correspondant à la moitié du revenu médian européen, ce qui est une aberration. Si par exemple le revenu de chaque habitant augmente ou diminue de 20%, le seuil augmente ou diminue lui aussi de 20% et le nombre de pauvres reste inchangé. Or c’est probablement ce qui s’est passé: ainsi selon Eurostat, alors qu’en 1992, la France et l’Allemagne réunifiée affichaient toutes deux un PIB par habitant de 108,8, pour une moyenne de 100 en Europe, en 2001 l’Allemagne se retrouvait au septième rang (104,4), tandis que la France tombait à la douzième place, en dessous de la moyenne européenne (99,6). Il est vraisemblable que le phénomène de pauvreté est dès lors sous-estimé par le calcul INSEE. Volontairement ou non, les données restent mal connues, comme le signale le Parlement Européen.

Pour déterminer le seuil de pauvreté, il est préférable de chercher à établir combien coûtent toutes les ressources essentielles qu’un adulte consomme en moyenne en un an. Cette approche se fonde sur l’évaluation qu’on fait de la dépense minimale pour assurer un niveau de vie tolérable. Dans certains pays industrialisés comme les États-Unis ou le Canada, c’est un tel seuil absolu qui est utilisé; il correspond à un panier de biens et services essentiels, et il est mis à jour en fonction de l’évolution du coût de la vie.

Ensuite, on remarque que la pauvreté peut s’étendre aussi bien dans un contexte d’expansion économique hors du commun, comme aux US. Cela provient du fait que cette prospérité « économique » (en réalité, financière et boursière) s’obtient bien souvent en opérant des coupes dans les emplois. Les personnes touchées sont appauvries de façon plus ou moins directe et durable et deviennent allocataires de revenus sociaux. Ce qui revient pour les entreprises et leurs actionnaires à faire financer l’augmentation des profits par la communauté.

De fait, la pauvreté de certains se développe en même temps que se développe la richesse de certains autres. Ainsi en France par exemple, les 10 % les moins bien lotis ne perçoivent que 3% de la masse totale des revenus, et les 10 % les mieux lotis en reçoivent 24,8%, ceci après impôts et prestations sociales (Observatoire des Inégalités,12/2006).

Enfin, la nouvelle pauvreté frappe davantage les personnes seules ou les familles monoparentales, donc ceux qui subissent un affaiblissement de leur capital social. Sans l’effritement du capital social, le phénomène SDF ne serait pas possible.

Encore convient-il d’ajouter à ces formes d’appauvrissement le formidable affaissement du capital culturel de classes sociales livrées à la crise du langage, à la disparition des valeurs traditionnelles de savoir et de progrès, et à l’incohérence due au brassage ethnique ; au déclin de l’encadrement éducatif et de la qualité des programmes scolaires; au grippage de la transmission des savoirs culturels et des disciplines sociales (barbarisation et décompétence), à la disparition de la culture populaire au profit de l’abrutissement passivisé de l’électro-audiovisuel. C’est une forme de pauvreté plus qualitative et culturelle, et qui n’en est pas moins grave à terme.

Tout ceci dessine les contours de la recomposition de la structure de classe de nos sociétés, telle qu’elle a été voulue par le pouvoir dirigeant à partir du milieu des années 1970.


(3.7/5 - 27 Votes)
- La xénophilie du Léviathan Ethnicité - 29-12-2006 - TSCF

pig3Soupe au cochon: l’échec du pouvoir xénophile

La décision, prise vendredi, est curieusement passée quasi inaperçue. Curieusement vu l’effervescence médiatique et politique actuelle autour de la question des sans-abri. Curieusement vu aussi son caractère de camouflet pour les autorités. Celles-ci viennent d’être condamnées pour avoir fait interdire dans le passé la distribution aux plus démunis sur la voie publique d’une "soupe au cochon" préparée par des associations caritatives d’extrême droite. Ces opérations caritatives singulières avaient vu le jour à l’hiver 2004 au coeur de Paris, aux abords délabrés des gares de l’Est et Saint-Lazare, puis avaient essaimé jusqu’en province, à Nice par exemple. Mises sur pied par une association baptisée "SDF-Solidarité des Français", proche des mouvements identitaires d’extrême droite, elles consistaient à distribuer aux SDF une soupe populaire "gauloise" : sciemment préparée à base de lard de porc, ce qui revenait à l’exclure de facto des miséreux de confession juive ou musulmane. L’utilisation de cet ingrédient était justifiée par sa "place prépondérante dans l’alimentation traditionnelle" française . Et revendiquée comme un moyen de dénoncer le fait que "l’Etat français, alors qu’il subventionne un nombre mirobolant d’associations d’aide aux pauvres du monde entier, oublie que la plupart des SDF dans notre pays sont d’origine européenne".Ces soupes populaires avaient été tolérées à Nice (ville dirigée par un maire UMP issu du FN) sous le motif qu‘"aucune loi n’interdit de distribuer de l’aide alimentaire aux gens dans le besoin". En revanche, elles avaient fini par être interdites à Paris, où, après de nombreuses protestations politiques et associatives voire des manifestations d’antifascistes, elles avaient été considérées comme attentatoires à l’ordre public. Le Conseil de Paris avait même voté un voeu condamnant cette initiative "discriminatoire et xénophobe". Vendredi, cependant, ainsi que le relatait mercredi le quotidien "Le Parisien" dans ses pages locales, le tribunal administratif de Paris a annulé le dernier arrêté d’interdiction pris en la matière par la préfecture de police, considérant que ces soupes au cochon ne constituaient ni un trouble sérieux à l’ordre public, ni une discrimination avérée. La préfecture a en outre été condamnée au paiement des frais de justice. "Si une personne de couleur se voyait refuser l’accès à la soupe, il y aurait un délit pénal", commentait hier l’avocat de "Solidarité des Français". "Mais il n’appartient pas à un préfet de police d’apprécier la conformité d’une association à des prescriptions religieuses étrangères aux lois de la République." (Source : la Libre 29/12/2006)

pig1Cette affaire est symptômatique d’un ensemble de dérives actuelles.

D’abord, parce qu’il n’appartient pas à l’Etat d’interdire quel que rassemblement que ce soit, sauf dans des cas extrêmes, pas plus qu’il ne doit disposer à sa guise, et comme s’il en était propriétaire, d’un espace public qui appartient à tous. On voit bien ici l’absence de contrepoids aux abus bureaucratiques, malgré la prise de position finale de la justice administrative. Ensuite, parce que le pouvoir actuel – qu’il soit de « droite » ou de « gauche » – a mis en place dans toute l’Europe un arsenal répressif qui, sous prétexte de lutter contre les discriminations et le racisme, n’a pour but que de juguler les réactions de la population de souche à sa politique migratoire. Or cette population sent bien que,compte tenu des nombres en jeu et du caractère extrêmement rapide des migrations, elle est à terme rapproché menacée dans sa culture, sa cohésion, sa biologie et sa survie. Qu’elle puisse s’exprimer sur le sujet relève des libertés démocratiques dont, par ailleurs, ce même pouvoir n’hésite pas à se réclamer.

Que cette soupe au cochon ait ciblé son public n’avait rien de choquant: cela signifie soit que les minorités doivent se conformer aux mœurs de la majorité, soit que dans le contexte multiethnique actuel la majorité elle aussi se comporte comme l’une parmi les minorités.


(4/5 - 19 Votes)
- La microfinance utilise le capital social Economie - 11-12-2006 - TSCF

Le micro-crédit et le capital social

Le micro-crédit consiste en l’attribution de prêts de faible montant à des entrepreneurs ou des artisans qui ne peuvent accéder aux prêts bancaires classiques. Il se développe surtout dans les pays en voie de développement, où il permet de concrétiser des micro-projets favorisant ainsi l’activité et la création de richesse mais se pratique aussi bien dans les pays développés ou en transition. Le micro-crédit s’inscrit dans une sphère plus complète qui comprend d’autres outils financiers tels que l’épargne, la micro-assurance et d’autres produits qui forment la micro-finance.

On peut trouver des origines anciennes dans les mutuelles de crédit agricole créées en Europe à la fin du XIXème siècle. La forme choisie à l’origine était basée sur la méthodologie de crédit collectif, utilisant les mécanismes de caution solidaire et la supervision des pairs pour couvrir le risque de crédit. Le système a été repris, adapté puis développé par le professeur d’économie Muhammad Yunus au cours des 30 dernières années. Après des études à l’université Vanderbilt aux Etats-unis, Yunus donne des cours d’économie à Chittatong au Bangladesh, sa ville d’origine. Lors d’une séance de travaux pratiques d’un cours d’investissement, il propose à ses étudiants d’interroger les fabricants de tabourets en bambou des plus proches villages. Les 42 artisans ont besoin de 27 dollars au total pour développer leur activité. Or toutes les banques refusent de financer ce trop faible montant à des clients a priori insolvables. Yunus déclare avoir eu honte de cette situation et prête la somme de sa propre poche. En permettant aux producteurs d’acheter d’avance le bambou sans subir les variations importantes de prix, ils réussissent à créer des emplois et à rembourser intégralement Yunus. Le 13 octobre 2006, le prix Nobel de la paix a été conjointement attribué à Muhammad Yunus et à la Grameen Bank qu’il a créée.

L’activité de micro-crédit encourage les micro-projets au niveau local. Cela permet d’induire des mutations "à la base". Celles-ci sont souvent plus efficaces et ont un plus grand effet d’entraînement - en créant un maillage économique dans le pays - que certaines infrastructures ou certains gros projets industriels qui bénéficient rarement aux plus pauvres. Une autre caractéristique de ce mouvement est qu’il s’appuie sur des réseaux d’assurance et de solidarité traditionnelle relativement efficaces qui favorisent le remboursement régulier des prêts. Les actions de micro-crédit sont financées par l’épargne solidaire et ne « concurrencent » donc pas directement les autres types d’actions de développement durable. Il est souvent plus souhaitable de ne pas lier du micro-crédit à d’autres mécanismes d’aides au développement, les deux outils étant davantage complémentaires que des substituts.(Source : Wikipedia 11/12/2006)

Il y a des liens étroits entre micro-crédit , développement durable et capital social. Le micro-crédit n’est pas seulement caractérisé par le faible volume de chaque crédit consenti, mais aussi par le fait qu’il est attribué à des destinataires pauvres ou qui seraient considérés comme insolvables par des banques classiques. Il fait dès lors appel à l’épargne et à la caution solidaires. Cette dimension collective fait jouer les réseaux sociaux et la confiance, c’est-à-dire le capital social. Ce dernier est également présent au niveau de l’effet d’entrainement et de maillage économique. Le capital social est une condition du succès du micro-crédit, et ce depuis ses débuts, même si l’évolution des dernières années le fait ressembler de plus en plus à un financement individualisé flexible voisin des autres produits bancaires.


(2.5/5 - 49 Votes)
Home

Index
Liste de catégories
Liste de tags

Feed Entries