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Social Capital

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L'actualité du capital social, de la vie en société et des options de société.

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- Immigration: des chercheurs militants Ethnicité - 27-05-2007 - TSCF

2150782035La croix et le croissant: l’improbable dialogue

 Une étude de l’Université catholique de Louvain (UCL) en atteste: plus de la moitié des personnes interrogées estiment que le port du voile « va à contre-courant de la société moderne ». Près d’une sur quatre ne le tolère même pas sur la voie publique. Le voile est perçu comme le signe d’une soumission (par près de sept personnes sur dix), comme un symbole antioccidental (par 31 % des sondés), voire comme une provocation (23 %). A peine un sondé sur cinq y voit l’expression d’une liberté.
 
Les chercheurs du Centre de psychologie de la religion de l’UCL n’en sont pas restés à ce simple constat statistique. Ils ont voulu identifier ce qui, dans la nature humaine, alimentait l’aversion à l’égard du voile… Deux facteurs explicatifs étaient généralement avancés par les experts : un racisme diffus (le rejet d’autrui, la peur de la différence) et un idéal d’autonomie, d’émancipation individuelle (le voile étant alors perçu comme l’instrument de la prétendue soumission des femmes musulmanes).
 
Surprise : l’étude démontre que plus les personnes interrogées valorisent les valeurs d’autonomie, d’émancipation personnelle, plus elles ont tendance à accepter le port du voile. « Contrairement à l’idée reçue, c’est donc principalement le racisme qui suscite en grande partie l’hostilité au voile, commente le professeur Vassilis Saroglou. Mais il n’est pas exclu, nuance-t-il, que la présence marquée du voile dans l’espace public alimente un racisme sous-jacent. ». Quoi qu’il en soit, ce racisme ambiant (moins basé sur l’ethnie que sur le mépris de la nature de certains groupes) apparaît clairement, et à travers deux enquêtes indépendantes successives, comme le facteur « prédictif » le plus déterminant du rejet du voile. Ce qui ne signifie évidemment pas que tous ceux qui s’opposent au port du voile sont racistes. D’autres variables explicatives entrent en ligne de compte. Le jeu des corrélations permet ainsi aux chercheurs de dresser le profil psychologique type de l’adversaire du voile… Il est plutôt âgé (plus on est jeune, plus on accepte le voile), anticlérical « primaire » ou bien religieux orthodoxe, convaincu de sa supériorité culturelle. Sécuritaire, conformiste, il valorise le pouvoir, la réussite, l’hédonisme. Il est politiquement marqué à droite… A l’inverse, les plus tolérants à l’égard du voile se caractérisent par l’importance qu’ils accordent à l’autonomie de l’individu (liberté, indépendance…), par leur sens de la spiritualité, leur caractère universaliste, une personnalité ouverte à l’expérience (curiosité intellectuelle, attrait pour l’art et la culture, créativité)…
 
minaret1Vassilis Saroglu, Coralie Buxant et Matthieu Van Pachterbeke déduisent de leur recherche une double responsabilité : « Pour la société d’accueil, cela implique la nécessité d’un travail incessant sur le racisme qui couve en son sein… Un travail d’éducation à la différence à l’école, via les médias, etc. Pour la communauté musulmane, il s’agit de tenir compte du regard pour le moins suspicieux d’une frange importante de la société. Une réflexion éthique, spirituelle et pragmatique sur une pratique religieuse qui doit aussi tenir compte du regard d’autrui. ». Nombre d’acteurs associatifs musulmans s’inscrivent d’emblée dans cette perspective de promotion du « vivre ensemble », en rappelant, par exemple, que le Coran n’impose en aucune manière le port du voile aux musulmanes. Ou encore en incitant les jeunes filles qui portent le voile à le retirer si le règlement d’ordre intérieur de leur école l’interdit.
 
En revanche, la société belge tarde à concrétiser ses promesses… Voici tout juste deux ans, la Commission du dialogue interculturel refusait de prendre parti pour l’interdiction du voile à l’école, constatant que « notre histoire, notre Constitution, la structure de nos institutions scolaires ne sont pas celles de la France ». Les sages de la Commission avaient pointé d’autres priorités : rééquilibrer la répartition des élèves, notamment par des incitants financiers pour les écoles qui réalisent la mixité culturelle, ou encore réduire de moitié le volume des cours de morale et de religion, en fin de secondaire, au profit de cours de philosophie. (Le Soir, 26/05/2007).

3788750440Les pseudo-experts de l’UCL ont-ils réellement écrit de telles insanités, ou leurs propos ont-ils pris un tour caricatural sous la plume d’un journaliste politisé? On savait les chercheurs en sciences sociales souvent militants, mais pas de façon aussi flagrante.

70 % des Belges se voient qualifiés de racistes. A rappeler toutefois que la signification de ce mot est extrêmement floue et son emploi chargé d’une fonction polémique de contrôle, d’inhibition, de production d’une orthodoxie intellectuelle. Car qu’est-ce qu’être raciste? Tout souhait de rester entre soi, de former une communauté, peut être stigmatisé par cette expression. Pour autant, il n’est nul besoin de recourir aux concepts vagues de rejet d’autrui (?) ou de peur de la différence (??) pour disqualifier le désir, en soi sain et compréhensible, de fréquenter son propre groupe ethnoculturel, dans son propre pays et sur son propre territoire. Cette attitude n’est nullement incompatible avec l’existence d’échanges entre des cultures qui se respectent et se comprennent, chacune dans son identité, lors de voyages ou d’échanges commerciaux par exemple.

blue burkah 2Mais l’article va plus loin en traçant un portrait manichéen de ceux qui n’acceptent pas le port du voile (qualifiés de conservateurs, vieux, primaires…) et ceux qui l’acceptent (auxquels sont prêtées de merveilleuses qualités de créativité…). De ces divagations risibles il n’y a qu’une seule chose intéressante à tirer: le paradoxe qui consiste chez certains à associer le port du voile islamique avec la valorisation des libertés individuelles. Le voile islamique, de même que la bourkah, a pour sens de voiler les charmes des femmes au regard des hommes. Cela ne va pas dans le sens de la libéralisation des relations entre les sexes telle qu’elle peut découler d’une problématique de libertés individuelles…

La chute de l’article est à l’avenant: les minorités font tout pour s’intégrer à la société belge; la société belge ne fait rien pour intégrer les minorités. C’est la société belge qui doit s’adapter aux migrants (pour quel bénéfice? cela n’est pas précisé); ce n’est pas aux migrants de faire l’effort de l’intégration…:).

Pour autant, la Commission du Dialogue Interculturel a eu raison de pointer que notre tradition n’est pas celle de la France. L’Etat français ne se soucie pas de dialogue intercuturel, mais uniquement d’écraser les différences culturelles sous l’uniformité étatique. Le port du voile islamique dans les écoles est un problème que l’Etat français laïc a avec lui-même, et dont il a voulu se sortir en le qualifiant de "signe ostentatoire" - pléonasme grossier…


(3.6/5 - 29 Votes)
- Les politiques ethniques du Léviathan II Ethnicité - 21-03-2007 - TSCF

mosque1 Les politiques ethniques du Léviathan (II)

Le recteur de Lyon, Alain Morvan, devrait aujourd’hui être démis de ses fonctions et payer ainsi sa trop grande liberté de ton (…). Il reprendra sa chaire de professeur d’anglais à l’université. Un camouflet pour cet homme qui aurait manqué à son obligation de réserve de haut fonctionnaire. Alain Morvan s’était récemment opposé à l’ouverture du lycée musulman al-Kindi dans la banlieue de Lyon, qui a fini par ouvrir début mars. Il avait publiquement qualifié les porteurs du projet d’« intégristes » et déclarait vouloir se battre « jusqu’au dernier souffle pour l’intérêt des enfants ». Il avait aussi indiqué avoir subi des pressions de la part du ministère de l’Intérieur pour s’être opposé à cette ouverture. En huit mois, il aura refusé trois dossiers, mettant notamment en cause des salles trop petites, des sanitaires hors norme, une « direction fictive » ou encore la présence d’une conduite de gaz à l’air libre. Autant d’arguments rejetés par la justice administrative et le Conseil supérieur de l"Education. (Le Figaro, 21/03/2007)

Suite du précédent post: lorsque nous affirmons qu’il s‘agit bien de politiques, qu’elles soient explicites ou implicites, dites ou non-dites, en voici une preuve. Les exemples ne manquent pas, par ailleurs, de sanctions ou d’évictions administratives dont la véritable motivation est de s’opposer à des idées politiquement non-correctes. Une motivation soigneusement dissimulée, bien sûr, sous de pieux arguments professionnels ou juridiques.


(4.3/5 - 17 Votes)
- Les politiques ethniques du Léviathan I Ethnicité - 18-03-2007 - TSCF

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Les politiques ethniques du Léviathan (I)

1, La Flandre procédera en 2007 aux premières reconnaissances officielles de mosquées, a indiqué mardi le ministre flamand de l’Intégration civique Marino Keulen. Cette reconnaissance, conditionnée par la lutte contre l’extrémisme et la défense d’une société pluraliste, sera accompagnée de subsides aux bâtiments. Il s’agit de la mise en pratique du décret flamand sur le financement des cultes, la gestion des cultes ayant été partiellement régionalisée après les accords du Lambermont en 2001. Les Régions sont donc compétentes pour la reconnaissance de "communautés religieuses locales". Pour décrocher cette reconnaissance, Marino Keulen a édicté plusieurs conditions, dont celles d’accepter une société pluraliste et d’utiliser autant que possible le néerlandais dans le fonctionnement de la communauté. Les ministres du culte devront être "intégrés" et les communautés devront lutter contre l’extrémisme. Les sept premières mosquées reconnues par la Flandre le seront en 2007. Le salaire de leurs imams sera octroyé par le fédéral, la ministre de la Justice conservant la charge des cultes. La Flandre pourra octroyer des subsides pour les dossiers de construction. Un appui éventuel pourra être fourni par la province.En Flandre, où vivent quelque 150.000 musulmans selon Marino Keulen, la reconnaissance des mosquées et les conditions qui y sont liées devraient permettre de "normaliser les relations avec l’islam et sortir son culte de l’arrière-salle", a commenté le ministre flamand. "Cela doit contribuer à un islam flamand", a-t-il ajouté. L’Exécutif des musulmans de Belgique doit encore remettre à la Région flamande une liste de mosquées prioritaires. L’administration examinera ces dossiers, notamment en interrogeant les autorités locales et la Sûreté de l’Etat. Le budget flamand prévu pour 2007 est de 3,7 millions d’euros. (La Libre 07/11/2006)
 
2, Après des péripéties administrativo-juridiques longues de huit mois, le lycée musulman al-Kindi situé dans la banlieue de Lyon devrait ouvrir dès lundi prochain. « Nous accueillerons nos premiers élèves au retour des vacances de février », confie Tareque Ziouar, membre de l’association al-Kindi. Le Conseil supérieur de l’Éducation (CSE), instance nationale représentative, réunie en juridiction restreinte hier après-midi, a donné son accord à l’ouverture du lycée. L’instance a considéré qu’un dernier obstacle - des problèmes d’hygiène et de sécurité de l’établissement évoqués par le recteur de l’académie de Lyon - n’était pas suffisamment établi pour justifier l’opposition d’ouverture. Le recteur de Lyon, Alain Morvan, avait rejeté le dossier du fait de la présence d’une conduite de gaz à l’air libre et d’une éventuelle pollution des sols. Depuis huit mois, le recteur a refusé trois dossiers successifs, mettant notamment en cause des salles trop petites, des sanitaires hors norme puis une « direction fictive ». Autant d’arguments rejetés. Alain Morvan, qui aurait publiquement qualifié les porteurs du projet d’« intégristes », selon La Croix, déclarait récemment vouloir se battre « jusqu’au dernier souffle pour l’intérêt des enfants ». Sa marge de manoeuvre paraît aujourd’hui faible. Seul un recours du ministre de l’Éducation devant le Conseil d’État pourrait suspendre l’ouverture de l’établissement. Pour le moment, une trentaine d’enfants sont pré-inscrits en sixième et en cinquième. À terme, quelque 150 élèves sont attendus. (Le Figaro 05/03/2007)

mosque2Islam et nationalisme flamand, même combat? Le pouvoir étatique dans les pays européens n’a pour stratégie claire que d’installer l’Islam à demeure en Europe. L’Islam est une réalité internationale et fait intervenir des réseaux étendus. Si la petite Flandre veut le maîtriser en lui attribuant le qualificatif de «flamand» et lui conférant un statut administratif, sa démarche de canalisation des déviances à la mode néerlandaise est peut-être présomptueuse. Il est également présomptueux que l’Etat s’arroge un droit de «reconnaissance» à l’égard de groupes sociaux et d’organisations. On n’ose pas penser à ce qu’il serait possible de réaliser avec un budget annuel de 3,7 Mio d’euros pour un projet concret, en faveur de l’environnement ou contre la pauvreté par exemple…

Quant au lycée musulman de Lyon, l’information disponible est peu claire. S’il s’agit d’un établissement privé, il en existait déjà d’autres confessions. Et s’il s’agit d’un établissement étatique, l’Etat français, qui se veut laïc, est pris en flagrant reniement de sa stratégie ancestrale consistant à séparer l’Eglise de l’Etat. Les réticences que soulève cette ouverture de lycée sont moins d’ailleurs moins liées à l’aspect confessionnel proprement dit qu’à la présence massive d’une population ethniquement différente, dont la pérennité peut ainsi s’organiser. L’ouverture de ce type d’établissements signifie concrètement que cette population ne se dissoudra pas dans la population de souche, et ne retourna pas non plus au pays.

En Allemagne, plus récemment, un jugement officiel refusant un divorce accéléré à une femme musulmane, refus prononcé en référence à la loi coranique, a fait scandale, mettant en lumière l’installation progressive d’une société parallèle d’obédience musulmane.

Le dénominateur commun à ces politiques (car il s’agit, n’en doutons pas, de politiques explicites ou implicites) est qu’elles admettent et qu’elles promeuvent l’installation de l’immigration musulmane en Europe. La colonisation de peuplement de l’hémisphère Nord par les peuples du Sud, de plus en plus importante en dépit des affirmations rassurantes des gouvernements, est pourtant lourde de situations explosives, surtout associées à l’effondrement des Eglises en Europe.


(4.3/5 - 19 Votes)
- L’échec de la multiethnicité Culture - 07-02-2007 - TSCF

La mort lente de la «société multiculturelle»

1, La justice danoise a renoncé début janvier, faute de preuves d’incitations à la violence, à poursuivre des imams établis au Danemark qui avaient effectué en décembre 2005 une "tournée" en Egypte, Syrie et Liban pour attirer l’attention sur la publication des caricatures et sur l’absence de réactions du gouvernement de Copenhague (lire aussi ci-dessous). En revanche, sont bien poursuivis devant la justice française, les responsables de "Charlie Hebdo" dont le procès se tiendra les 7 et 8 février pour atteinte à la loi qui punit "l’injure commise (envers) une personne ou un groupe de personnes en raison de leur origine ou de leur appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminées". L’hebdomadaire avait publié les caricatures dans la foulée du journal danois ainsi qu’une caricature de Cabu, en couverture de son numéro du 8 février 2006, représentant Mahomet sous le titre "Mahomet débordé par les intégristes" et déclarant : "C’est dur d’être aimé par des cons". Or, tout indique que les intégristes ont encore gagné du terrain dans les pays arabo-musulmans. Pour preuve, la censure qui a frappé, dans la Tunisie pourtant moderniste, la livraison de janvier-février de la revue "Historia" qui reproduisait une peinture figurant Mahomet au milieu de ses disciples. (La Libre 02/02/2007)

2, La "société multiculturelle" britannique survivra-t-elle aux prochaines élections ? Dans un important discours prononcé lundi, David Cameron, le chef du Parti conservateur et vainqueur probable du prochain scrutin, a fermement condamné une doctrine qui "sape la cohésion" de la nation. (…) Sa condamnation de la "société multiculturelle" inventée par Tony Blair et le "Nouveau Labour", devrait faire date. Pour M. Cameron, "le multiculturalisme a sapé la cohésion de la nation parce qu’il met l’accent sur ce qui nous divise plus que ce qui nous ramène l’un vers l’autre. Cette doctrine a été manipulée pour enraciner le droit à la différence (un concept qui nous divise) aux dépens du droit à un traitement égal (un concept qui nous unit). (…) Cette déclaration d’intentions survient à un moment important. Un centre de recherche proche du Parti conservateur, le "Populus for Policy Exchange", révélait lundi la radicalisation des jeunes musulmans qui préfèrent envoyer leurs enfants dans des écoles islamiques (37 pc), veulent que les lois islamiques, la charia, remplacent les lois britanniques (37 pc), souhaitent que les musulmanes portent le hijab ne laissant apparaître du corps que le visage et les mains (74 pc) ou admirent des organisations combattant l’Occident comme al Qaeda (13 pc). Ces chiffres montrent que loin d’assimiler les valeurs de la société britannique, comme l’imaginaient les experts et la classe politique, certains jeunes musulmans de 16 à 24 ans, interrogés par les enquêteurs, rejettent l’attitude infiniment plus tolérante de leurs parents. Cette radicalisation est d’autant plus surprenante que l’énorme majorité des musulmans (84 pc) estime avoir été traitée équitablement par la société anglaise et qu’une importante minorité (28 pc) estime que les autorités en font trop pour ne pas causer d’offense aux musulmans. (La Libre 02/02/2007).

Pour parler rigoureusement, aucune société ne peut, bien entendu, être « multiculturelle ». Si par hypothèse elle l’était, elle se désintégrerait immédiatement, comme lors du contact de la matière et de l’antimatière. La culture est le contrat social d’une société et il ne saurait y en avoir plusieurs concomitamment, même s’il peut y avoir des éléments de folklore localisés. L’expression employée par des politiciens épuisés tels que Blair ou Chirac témoigne de l’énormité de l’incompétence de ceux qui prétendent gouverner, habitués qu’ils sont, il est vrai, à jouer avec l’ambiguité, la contradiction dissimulée et le double langage.

La floraison de recherches montrant la radicalisation des jeunes hommes de la deuxième ou de la troisième génération issue de l’immigration ne date pas d’hier, même si le Léviathan privilégie la cooptation bureaucratique de « scientifiques » bien-pensants au sein d’institutions en proie à l’influence syndicale et militante. Il suffit de lire la presse pour constater les violences interraciales qui explosent ici et là dans nombre de pays développés, et qui opposent les minorités immigrées aux majorités blanches, les majorités blanches aux minorités immigrées, les minorités immigrées aux forces de police, et les minorités immigrées entre elles. Il suffit d’avoir des yeux pour voir la guerre civile larvée que se livrent quotidiennement les groupes ethniques et qui passe par une concurrence économique, démographique et sexuelle.

Les choses bougent cependant: à la confusion timorée de la Justice danoise dans l’affaire des caricatures de Mahomet s’oppose chez les nouveaux conservateurs britanniques une tardive prise de conscience que la politique multiculturaliste a pu saper la cohésion sociale – elle n’avait d’ailleurs pas d’autre but –, mais aussi que cet effet de sape s’avère de moins en moins contrôlable et qu’il est susceptible de menacer l’ordre établi lui-même.


(4.1/5 - 19 Votes)
- La xénophilie du Léviathan Ethnicité - 29-12-2006 - TSCF

pig3Soupe au cochon: l’échec du pouvoir xénophile

La décision, prise vendredi, est curieusement passée quasi inaperçue. Curieusement vu l’effervescence médiatique et politique actuelle autour de la question des sans-abri. Curieusement vu aussi son caractère de camouflet pour les autorités. Celles-ci viennent d’être condamnées pour avoir fait interdire dans le passé la distribution aux plus démunis sur la voie publique d’une "soupe au cochon" préparée par des associations caritatives d’extrême droite. Ces opérations caritatives singulières avaient vu le jour à l’hiver 2004 au coeur de Paris, aux abords délabrés des gares de l’Est et Saint-Lazare, puis avaient essaimé jusqu’en province, à Nice par exemple. Mises sur pied par une association baptisée "SDF-Solidarité des Français", proche des mouvements identitaires d’extrême droite, elles consistaient à distribuer aux SDF une soupe populaire "gauloise" : sciemment préparée à base de lard de porc, ce qui revenait à l’exclure de facto des miséreux de confession juive ou musulmane. L’utilisation de cet ingrédient était justifiée par sa "place prépondérante dans l’alimentation traditionnelle" française . Et revendiquée comme un moyen de dénoncer le fait que "l’Etat français, alors qu’il subventionne un nombre mirobolant d’associations d’aide aux pauvres du monde entier, oublie que la plupart des SDF dans notre pays sont d’origine européenne".Ces soupes populaires avaient été tolérées à Nice (ville dirigée par un maire UMP issu du FN) sous le motif qu‘"aucune loi n’interdit de distribuer de l’aide alimentaire aux gens dans le besoin". En revanche, elles avaient fini par être interdites à Paris, où, après de nombreuses protestations politiques et associatives voire des manifestations d’antifascistes, elles avaient été considérées comme attentatoires à l’ordre public. Le Conseil de Paris avait même voté un voeu condamnant cette initiative "discriminatoire et xénophobe". Vendredi, cependant, ainsi que le relatait mercredi le quotidien "Le Parisien" dans ses pages locales, le tribunal administratif de Paris a annulé le dernier arrêté d’interdiction pris en la matière par la préfecture de police, considérant que ces soupes au cochon ne constituaient ni un trouble sérieux à l’ordre public, ni une discrimination avérée. La préfecture a en outre été condamnée au paiement des frais de justice. "Si une personne de couleur se voyait refuser l’accès à la soupe, il y aurait un délit pénal", commentait hier l’avocat de "Solidarité des Français". "Mais il n’appartient pas à un préfet de police d’apprécier la conformité d’une association à des prescriptions religieuses étrangères aux lois de la République." (Source : la Libre 29/12/2006)

pig1Cette affaire est symptômatique d’un ensemble de dérives actuelles.

D’abord, parce qu’il n’appartient pas à l’Etat d’interdire quel que rassemblement que ce soit, sauf dans des cas extrêmes, pas plus qu’il ne doit disposer à sa guise, et comme s’il en était propriétaire, d’un espace public qui appartient à tous. On voit bien ici l’absence de contrepoids aux abus bureaucratiques, malgré la prise de position finale de la justice administrative. Ensuite, parce que le pouvoir actuel – qu’il soit de « droite » ou de « gauche » – a mis en place dans toute l’Europe un arsenal répressif qui, sous prétexte de lutter contre les discriminations et le racisme, n’a pour but que de juguler les réactions de la population de souche à sa politique migratoire. Or cette population sent bien que,compte tenu des nombres en jeu et du caractère extrêmement rapide des migrations, elle est à terme rapproché menacée dans sa culture, sa cohésion, sa biologie et sa survie. Qu’elle puisse s’exprimer sur le sujet relève des libertés démocratiques dont, par ailleurs, ce même pouvoir n’hésite pas à se réclamer.

Que cette soupe au cochon ait ciblé son public n’avait rien de choquant: cela signifie soit que les minorités doivent se conformer aux mœurs de la majorité, soit que dans le contexte multiethnique actuel la majorité elle aussi se comporte comme l’une parmi les minorités.


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