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L'actualité du capital social, de la vie en société et des options de société.

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- Nationalité et naturalisation: comment replacer l’Etat sous le contrôle de la société Ethnicité - 27-04-2008 - TSCF

swiss flag 1La naturalisation démocratique

La campagne va s’ouvrir. Les Suisses diront le 1er juin prochain si la naturalisation d’un étranger peut être soumise à un scrutin populaire. L’initiative de l’UDC «pour des naturalisations démocratiques» entend en effet inscrire dans la Constitution la possibilité, pour les communes qui le souhaitent, de soumettre les candidats au passeport suisse à la sanction d’un vote populaire. Le texte de l’UDC entend rétablir la situation qui prévalait avant 2003, quand le Tribunal fédéral a déclaré contraires à la Constitution les naturalisations «par les urnes» pratiquées jusque-là dans une petite minorité de communes, alémaniques exclusivement.

 Pour les juges fédéraux, les naturalisations par le peuple sont contraires à la Constitution parce qu’elles ne permettent pas de rendre une décision motivée, qu’elles exposent les candidats à des discriminations flagrantes, et qu’elles les contraignent à dévoiler au public, du moins dans les communes d’une certaine importance, des informations qui relèvent de leur sphère privée. Ces jugements ont provoqué une vague de réactions, au parlement fédéral, dans les cantons, et même parmi certains constitutionnalistes. L’UDC a dénoncé avec vigueur une ingérence des juges dans une question politique. Et en septembre 2003, un mois avant les élections fédérales, le parti lançait son initiative.
 
En parallèle, le conseiller aux Etats Thomas Pfisterer (PRD/AG) proposait par voie d’initiative parlementaire une sorte de voie moyenne. Son idée? Rétablir les naturalisations par le peuple, mais prévoir des voies de recours pour éviter les cas choquants. L’initiative Pfisterer a été à l’origine d’un contre-projet indirect (de rang législatif) opposé aujourd’hui à l’initiative de l’UDC. Mais les propositions initiales du radical argovien ont été notablement modifiées en cours de route. Ce n’est qu’en décembre dernier que les dernières divergences ont été éliminées. Les Chambres n’ont finalement pas voulu rétablir les naturalisations par les urnes. Tout au plus, dans les communes qui n’ont pas de parlement élu mais seulement des assemblées communales ouvertes à tous les citoyens, les demandes de naturalisations peuvent être soumises à ces dernières. Les refus doivent cependant pouvoir être contestés devant les tribunaux. (…) Récemment, les juges ont annulé la décision de l’assemblée communale de Buchs (AG) refusant le droit de cité à une femme musulmane au motif que celle-ci portait le voile - un motif jugé discriminatoire par le Tribunal fédéral. Le préavis de l’exécutif communal était favorable, et ce n’est que devant l’assemblée de commune que l’argument du port du voile avait été brièvement mentionné. Résultat: 19 voix contre, 15 seulement pour la naturalisation. (Le Temps, 31/03/2008)

2600725510Le propos n’est pas ici de commenter la vie politique suisse ni de se prononcer pour ou contre l’UDC. Quoi qu’on puisse en penser, il s’agit bien de rétablir la souveraineté du peuple sur l’octroi de la naturalisation.

Le principe général devrait pourtant aller de soi.

Dans la plupart des pays, la naturalisation est accordée par la bureaucratie administrative, lorsqu’elle ne l’est pas par le pouvoir exécutif, comme dans le cas des Juifs d’Afrique du Nord "devenus Français"…par décret. La rhétorique admise en la matière pose que le plus important est la volonté des individus ou des peuples concernés de "devenir" des ressortissants – encore faudrait-il vérifier les motifs de cette volonté, et en établir la faisabilité au-delà d’une fiction administrative. Cette rhétorique oublie en outre un « détail » qui peut avoir son importance : l’opinion de la communauté dans son ensemble, qui deviendrait « le reste de la communauté » si ces populations venaient à lui être ajoutées.

Nous n’avons pas le souvenir de consultations populaires systématiques sur ces questions pourtant essentielles à la cohésion sociale. Tout se passe par des négociations individuelles ou collectives entre la bureaucratie d’Etat et ces populations. Quant au prétendu contrôle parlementaire, il ne suffit pas; qui peut croire que ses représentants élus aux assemblées, dotés d’un mandat flou et pluriannuel, contrôlés par des partis politiques existants, constituent une garantie suffisante de contrôle démocratique? Il semble que dans le cas suisse, certains aient peur du peuple. Le peuple serait porteur de préjugés. Comme si le corset droit-de-l’hommiste, au visage juridique et bien-pensant, ne l’était pas. Il l’est bien entendu aussi, et de façon peut-être pire, car insidieuse. Qui peut croire que des juges inamovibles, fonctionnaires de l’Etat et au raisonnement formaliste coupé des attentes sociales, peuvent offrir une garantie de démocratie ? Dans le cas de cette femme qui portait le voile, il ne nous parait pas que le jugement populaire était discriminatoire. Des Suisses peuvent à bon droit estimer qu’une telle personne n’a ostensiblement pas adopté les moeurs vestimentaires, religieuses et le mode de vie propre à la culture suisse. Tout dépend si l’on admet ou non que cette culture existe et qu’il faut la préserver. Les juges du tribunal fédéral ont fait leur choix… L’idée d’encadrer le jugement populaire n’est cependant pas mauvaise. Seulement, cet encadrement ne peut pas être juridique, étatique, bureaucratique. Il faut envisager des méthodes modernes de modération, de formation, de conscientisation de certaines limites. Des formateurs et des modérateurs experts auraient certainement leur rôle à jouer dans un cadre institutionnel ouvert.

Rappelons enfin que les communes ne sont pas des communautés. Ce sont, dans la plupart des pays, de simples administrations, fussent-elles locales. Et ces administrations sont bien intégrées au système de l’Etat. Comme l’a montré récemment, dans un autre contexte, l’exemple d’un ministre de l’Intérieur flamand qui refusait, pour des raisons de forme, de nommer des bourgmestres qui avaient pourtant été élus…

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(4.4/5 - 28 Votes)
- Professions réglementées: la société de défiance Economie - 24-03-2008 - TSCF

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Rentes d’Etat et société de défiance

La question des professions réglementées a récemment fait surface dans le débat politique. Mais elle a été mal posée, pointant du doigt l’existence d’avantages modestes au lieu d’analyser la formidable hypertrophie étatique qui en est la cause. Le cas des taxis parisiens a par exemple attiré l’attention. Ils sont moins nombreux aujourd’hui qu’en 1925. On en comptait alors 25 000, ils ne sont plus que 15 000. Or depuis 1945 le PIB de la France a été multiplié, hors inflation, par plus de six, et les transports croissent à un rythme qui est le double de celui du PIB. On peut donc estimer que le nombre de taxis aurait dû être multiplié par bien plus de six pendant cette même période. La raison en est que les taxis parisiens sont soumis à une autorisation d’installation de la préfecture. Cette règle est bien sûr aberrante en elle-même. On pourrait imaginer une obligation de déclaration en police à des fins de transparence et de traçabilité. Mais il n’appartient pas à une émanation du gouvernement de délivrer une autorisation d’exercer une activité économique privée, à fortiori quand celle-ci ne présente pas un caractère particulièrement sensible au regard d’impératifs sanitaires ou d’ordre public.

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La lenteur administrative a débouché sur une insuffisance chronique des licences par rapport à l’évolution des besoins. La rareté des licences donne un avantage aux premiers installés, mais devient une barrière pour les nouveaux entrants. Les titulaires de licence ont d’autant plus à perdre à une augmentation du nombre de licences qu’ils ont payé la leur chère. Conséquence de cette rareté, les licences de taxi se négocient à prix d’or: entre 150.000 et 300.000 euros. Cette rente de situation a fini par être légalisée aux dépens de l’ensemble des consommateurs. En contrepartie, la bureaucratie administrative est instituée en régulateur indispensable pour protéger la rente. Elle trouve son intérêt dans ce système qui implique la perpétuation de son existence. Le cas des taxis n’est pas isolé. Les cafés, les pharmaciens, les notaires, les vétérinaires… chacun, sauf les exclus, peut croire qu’il dispose d’une rente qui le protège. Les cafetiers bénéficient d’un quasi-numerus clausus, hérité d’une époque où la lutte contre l’alcoolisme était prioritaire, alors même que 95 % des achats d’alcool ne transitent plus par eux. Les vétérinaires ne peuvent avoir plus de deux assistants. Les coiffeurs doivent avoir un brevet professionnel lorsqu’ils exercent en ville, mais un CAP seulement lorsqu’ils exercent à domicile, ce qui est curieux… il s’agit tout de même d’une profession relativement simple, de quoi se mêle donc l’Etat?

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Le cas de la France est certes particulièrement risible. Mais il n’est pas exceptionnel. Dans les pays les plus corrompus, le régulateur crée de la rareté pour donner aux licences une valeur plus grande qu’il peut monnayer. Dans les pays occidentaux, la fabrication de la rareté artificielle débouche sur une alliance objective entre la bureaucratie d’Etat et des professions qui se retrouvent dès lors protégées, sans pour autant faire ombrage au pouvoir duquel elles deviennent l’allié objectif. Les gouvernements multiplient les « accès à la profession », dans le but officiel d’élever le niveau de gestion de ces professions, mais en réalité freinant la mobilité professionnelle, la formation sur le tas et la promotion sociale. Si un débat récent a focalisé l’attention sur les taxis et autres professions considérées comme relativement modestes, que dire des professions judiciaires protégées ou semi-protégées dont les exigences financières paralysent l’exécution des jugements et l’accès à la justice, des frais de notaires fixés légalement en dehors de toute concurrence et incluant des impôts injustifiés de l’Etat?

Il n’est point besoin d’être un grand économiste pour savoir que la rareté de l’offre augmente le prix du service. Ce d’autant que la personne qui aura acheté cette « charge » devra la rentabiliser. Les barrières réglementaires à l’entrée sur les marchés des biens et services ont un coût direct en termes de réduction de la qualité et des quantités, et d’accroissement des prix. Mais elles ont un coût indirect encore plus insidieux, dû à l’accroissement potentiel de la corruption qu’elles induisent, au blocage de la mobilité sociale, à la diminution du sentiment d’appartenir à un tout, et au développement du sentiment de la partialité de la puissance « publique ». La formation de phénomènes spéculatifs et le développement d’un égoïsme social sont la conséquence de l’existence d’une bureaucratie incapable et envahissante. La bureaucratie d’Etat divise la société, nuit à la qualité et à la quantité des services, et alimente l’inflation.


(4/5 - 24 Votes)
- Le capital social en Allemagne Société - 26-12-2007 - TSCF

2_moyenneNoël: la fête du lien social?

On pouvait s’en douter : les gens vivant dans des agglomérations à fort pouvoir d’achat ne sont pas les plus heureux. Le bien-être de la population est plus élevé en dehors des centres, là où les relations sociales sont encore intactes, signale une étude de Deutsche Bank Research. Les Allemands se portant le mieux vivent apparemment dans la région d’Ulm. L’analyse du bien-être est très tendance en Allemagne. (…) Pour cerner le problème, les chercheurs de la principale banque allemande ont identifié six critères : trois facteurs "mous" qu’ils ont relevés par sondage (la satisfaction des gens avec leur propre vie, leur confiance dans les compatriotes et leur état de santé) et trois autres facteurs "durs" pris dans les statistiques officielles (le taux de chômage, la natalité et le revenu). Il en ressort que parmi les 97 régions d’aménagement du territoire allemand, la palme du bien-être revient à la région Danube-Iller autour d’Ulm, à cheval sur le Bade-Wurtemberg et la Bavière. Suivent l’est du Wurtemberg, région à faible population, et puis deux régions urbaines, Osnabrück, centre paisible de Basse-Saxe, et les faubourgs méridionaux de Hambourg. A Ulm et environs, les gens ne se considèrent pas comme étant particulièrement satisfaits, mais ils ont beaucoup de confiance dans leur entourage. Si le pouvoir d’achat à lui seul rendait les gens heureux, les grandes villes du sud de l’Allemagne arriveraient en tête. Or, Stuttgart, capitale de l’automobile, n’est que vingt-deuxième et Munich, "la ville mondiale au grand coeur", vingt-cinquième. Bonn (en position 31) arrive bien avant Berlin (80) qui lui a pourtant ravi le titre de capitale. Les auteurs de l’étude relèvent que dans des régions heureuses comme Biberach (Bade-Wurtemberg), les gens se distinguent par un engagement culturel élevé; ailleurs, ils fréquentent des associations sportives et autres. Des dirigeants politiques, qui multiplient les crèches pour augmenter la natalité, les auteurs de l’étude suggèrent une approche plus large : dans des régions à fort chômage et à faible consensus social, on ne fait pas d’enfants, même s’il y a des crèches (source: Marcel Linden, La Libre, 24/12/2007).

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Voilà que la Deutsche Bank se préoccupe du capital social au point de tenter de le mesurer en Allemagne. On laissera à M. Linden, lui qui a souvent quelques difficultés avec la langue française, la responsabilité de sa distinction entre les facteurs durs et les facteurs mous. Plus intéressant est que le capital social est « tendance » en Allemagne, au point que le président de l’Etat fédéral insiste dans son discours de Noël sur le renforcement nécessaire des liens entre générations. On peut par hypothèse rapprocher cet intérêt accru pour le capital social, des mutations brusques et radicales opérées sous un gouvernement social-démocrate: en vrac, abandon du droit du sang, romanisation de l’orthographe, modifications néolibérales du droit de la négociation, abandon du Mark, réforme de l’actionnariat d’entreprise (qui s’est traduit par la fin accélérée des participations croisées avec soutien bancaire constitutives du capitalisme à l’allemande), affaiblissement Hartz-IV des protections socio-économiques…il n’est pas étonnant que tout ceci, en portant atteinte à la base même du système allemand: l’esprit de communauté, ait entrainé un affaiblissement du capital social, et que cette société dont l’esprit de communauté avait toujours été fort soit à la recherche de ce qu’elle est peut-être en train de perdre. Malgré la confusion du résumé qui nous est fait, on voit se confirmer le lien entre le bonheur (ou la satisfaction, ou la qualité de vie perçue), d’une part, et le capital social (confiance en autrui, engagement associatif, densité des relations sociales, faible taille des communautés), d’autre part.


(4.4/5 - 36 Votes)
- Immigration: des chercheurs militants Ethnicité - 27-05-2007 - TSCF

2150782035La croix et le croissant: l’improbable dialogue

 Une étude de l’Université catholique de Louvain (UCL) en atteste: plus de la moitié des personnes interrogées estiment que le port du voile « va à contre-courant de la société moderne ». Près d’une sur quatre ne le tolère même pas sur la voie publique. Le voile est perçu comme le signe d’une soumission (par près de sept personnes sur dix), comme un symbole antioccidental (par 31 % des sondés), voire comme une provocation (23 %). A peine un sondé sur cinq y voit l’expression d’une liberté.
 
Les chercheurs du Centre de psychologie de la religion de l’UCL n’en sont pas restés à ce simple constat statistique. Ils ont voulu identifier ce qui, dans la nature humaine, alimentait l’aversion à l’égard du voile… Deux facteurs explicatifs étaient généralement avancés par les experts : un racisme diffus (le rejet d’autrui, la peur de la différence) et un idéal d’autonomie, d’émancipation individuelle (le voile étant alors perçu comme l’instrument de la prétendue soumission des femmes musulmanes).
 
Surprise : l’étude démontre que plus les personnes interrogées valorisent les valeurs d’autonomie, d’émancipation personnelle, plus elles ont tendance à accepter le port du voile. « Contrairement à l’idée reçue, c’est donc principalement le racisme qui suscite en grande partie l’hostilité au voile, commente le professeur Vassilis Saroglou. Mais il n’est pas exclu, nuance-t-il, que la présence marquée du voile dans l’espace public alimente un racisme sous-jacent. ». Quoi qu’il en soit, ce racisme ambiant (moins basé sur l’ethnie que sur le mépris de la nature de certains groupes) apparaît clairement, et à travers deux enquêtes indépendantes successives, comme le facteur « prédictif » le plus déterminant du rejet du voile. Ce qui ne signifie évidemment pas que tous ceux qui s’opposent au port du voile sont racistes. D’autres variables explicatives entrent en ligne de compte. Le jeu des corrélations permet ainsi aux chercheurs de dresser le profil psychologique type de l’adversaire du voile… Il est plutôt âgé (plus on est jeune, plus on accepte le voile), anticlérical « primaire » ou bien religieux orthodoxe, convaincu de sa supériorité culturelle. Sécuritaire, conformiste, il valorise le pouvoir, la réussite, l’hédonisme. Il est politiquement marqué à droite… A l’inverse, les plus tolérants à l’égard du voile se caractérisent par l’importance qu’ils accordent à l’autonomie de l’individu (liberté, indépendance…), par leur sens de la spiritualité, leur caractère universaliste, une personnalité ouverte à l’expérience (curiosité intellectuelle, attrait pour l’art et la culture, créativité)…
 
minaret1Vassilis Saroglu, Coralie Buxant et Matthieu Van Pachterbeke déduisent de leur recherche une double responsabilité : « Pour la société d’accueil, cela implique la nécessité d’un travail incessant sur le racisme qui couve en son sein… Un travail d’éducation à la différence à l’école, via les médias, etc. Pour la communauté musulmane, il s’agit de tenir compte du regard pour le moins suspicieux d’une frange importante de la société. Une réflexion éthique, spirituelle et pragmatique sur une pratique religieuse qui doit aussi tenir compte du regard d’autrui. ». Nombre d’acteurs associatifs musulmans s’inscrivent d’emblée dans cette perspective de promotion du « vivre ensemble », en rappelant, par exemple, que le Coran n’impose en aucune manière le port du voile aux musulmanes. Ou encore en incitant les jeunes filles qui portent le voile à le retirer si le règlement d’ordre intérieur de leur école l’interdit.
 
En revanche, la société belge tarde à concrétiser ses promesses… Voici tout juste deux ans, la Commission du dialogue interculturel refusait de prendre parti pour l’interdiction du voile à l’école, constatant que « notre histoire, notre Constitution, la structure de nos institutions scolaires ne sont pas celles de la France ». Les sages de la Commission avaient pointé d’autres priorités : rééquilibrer la répartition des élèves, notamment par des incitants financiers pour les écoles qui réalisent la mixité culturelle, ou encore réduire de moitié le volume des cours de morale et de religion, en fin de secondaire, au profit de cours de philosophie. (Le Soir, 26/05/2007).

3788750440Les pseudo-experts de l’UCL ont-ils réellement écrit de telles insanités, ou leurs propos ont-ils pris un tour caricatural sous la plume d’un journaliste politisé? On savait les chercheurs en sciences sociales souvent militants, mais pas de façon aussi flagrante.

70 % des Belges se voient qualifiés de racistes. A rappeler toutefois que la signification de ce mot est extrêmement floue et son emploi chargé d’une fonction polémique de contrôle, d’inhibition, de production d’une orthodoxie intellectuelle. Car qu’est-ce qu’être raciste? Tout souhait de rester entre soi, de former une communauté, peut être stigmatisé par cette expression. Pour autant, il n’est nul besoin de recourir aux concepts vagues de rejet d’autrui (?) ou de peur de la différence (??) pour disqualifier le désir, en soi sain et compréhensible, de fréquenter son propre groupe ethnoculturel, dans son propre pays et sur son propre territoire. Cette attitude n’est nullement incompatible avec l’existence d’échanges entre des cultures qui se respectent et se comprennent, chacune dans son identité, lors de voyages ou d’échanges commerciaux par exemple.

blue burkah 2Mais l’article va plus loin en traçant un portrait manichéen de ceux qui n’acceptent pas le port du voile (qualifiés de conservateurs, vieux, primaires…) et ceux qui l’acceptent (auxquels sont prêtées de merveilleuses qualités de créativité…). De ces divagations risibles il n’y a qu’une seule chose intéressante à tirer: le paradoxe qui consiste chez certains à associer le port du voile islamique avec la valorisation des libertés individuelles. Le voile islamique, de même que la bourkah, a pour sens de voiler les charmes des femmes au regard des hommes. Cela ne va pas dans le sens de la libéralisation des relations entre les sexes telle qu’elle peut découler d’une problématique de libertés individuelles…

La chute de l’article est à l’avenant: les minorités font tout pour s’intégrer à la société belge; la société belge ne fait rien pour intégrer les minorités. C’est la société belge qui doit s’adapter aux migrants (pour quel bénéfice? cela n’est pas précisé); ce n’est pas aux migrants de faire l’effort de l’intégration…:).

Pour autant, la Commission du Dialogue Interculturel a eu raison de pointer que notre tradition n’est pas celle de la France. L’Etat français ne se soucie pas de dialogue intercuturel, mais uniquement d’écraser les différences culturelles sous l’uniformité étatique. Le port du voile islamique dans les écoles est un problème que l’Etat français laïc a avec lui-même, et dont il a voulu se sortir en le qualifiant de "signe ostentatoire" - pléonasme grossier…


(3.6/5 - 29 Votes)
- Une réussite japonaise: le cas Toyota Economie - 05-05-2007 - TSCF

japan flag 2 Toyota et l’esprit de communauté

 Le japonais Toyota est devenu au premier trimestre 2006 le premier constructeur automobile mondial, dépassant son rival américain en difficulté General Motors en termes de ventes et de production. Toyota a annoncé mardi qu’il avait vendu 2,348 millions de véhicules dans le monde de janvier à mars. Il en a produit dans le même temps 2,367 millions. Tous les analystes s’attendaient à ce que Toyota, qui vole de succès en succès en Amérique du Nord où les constructeurs locaux sont au contraire à la peine, décroche la couronne de leader planétaire courant 2007. "Il était presque certain que Toyota deviendrait numéro un mondial cette année en termes de ventes unitaires. En termes de bénéfices et de trésorerie, Toyota est déjà le constructeur le plus fort du monde depuis très longtemps", a expliqué à l’AFP Tatsuya Mizuno, analyste chez Fitch Ratings à Tokyo. Toyota avait annoncé fin décembre qu’il comptait produire 9,42 millions de véhicules en 2007, ce qui lui permettra vraisemblablement de conserver longtemps son nouveau titre de numéro un mondial face à son rival américain. Il devrait annoncer le 9 mai un cinquième bénéfice net record pour l’exercice 2006-2007 clos fin mars. Son résultat d’exploitation devrait être supérieur à 2.000 milliards de yens (12,5 milliards d’euros), une première pour une entreprise japonaise tous secteurs confondus. (La Libre 24/04/2007)

toyota logo 2Cette nouvelle est notable car Toyota n’est pas seulement l’inventeur du « just-in-time », mais une entreprise représentative du management inspiré par l’esprit de communauté. On a pu observer que les entreprises occidentales qui avaient essayé de limiter leurs niveaux de stock à l’instar de Toyota ont souvent échoué, faute de comprendre les principes qui fondaient sa méthode de gestion de la production. Entre autres y figurent l’accent mis sur le long terme (même au détriment d’avantages financiers à court terme), le développement du personnel et des partenaires (fournisseurs et sous-traitants) suivant une philosophie intégrée stable, des décisions mises en oeuvre d’autant plus rapidement qu’elles avaient été prises consensuellement en y consacrant le temps nécessaire, une remise en question permanente afin d’aboutir à l’élimination des gaspillages, reconnus ou non, nuisibles au processus de production. Des principes associés directement ou indirectement à l’esprit de communauté, et fort éloignés des schémas bureaucratiques et autoritaires qui règnent dans certains pays européens.


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