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L'actualité du capital social, de la vie en société et des options de société.

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- Société de consommation: le règne de l’automobile Economie, Société - 14-01-2007 - TSCF

Civilisation automobile: la destruction sociale et environnementale

1, Ainsi, alors que la guerre froide était basée sur l’atome, la guerre chaude ayant débuté à la fin du XXème siècle est largement basée sur l’automobile et sur son usage massif à l’échelle planétaire. L’automobile individuelle caractérise le mode de vie occidental, en progression rapide sur le reste de planète, fondé sur le pillage accéléré des ressources naturelles et en particulier des hydrocarbures. Or, ce qui était déjà difficilement soutenable à l’échelle de l’Occident devient tout simplement impossible à l’échelle de la planète. Les premières pétro-guerres et l’exploration du pétrole au sein même de sanctuaires écologiques, la pollution croissante et le réchauffement climatique avéré, les tensions actuelles sur les cours des matières premières et le pillage des réserves mondiales sont autant de signes avant-coureurs d’une destruction programmée de la planète par la "civilisation de l’automobile". (source: Marcel Robert, Pour en finir avec la société de l’automobile, CarFree Editions, Septembre 2005)

2, Symbole de virilité pour les dragueurs en mal de confiance, la voiture pourrait finalement se révéler plus nocive que bénéfique pour la fertilité des hommes. Selon une étude italienne, la pollution automobile affecterait la qualité du sperme. L’équipe du Dr Michele De Rosa a examiné la qualité du sperme de 85 hommes travaillant à des barrières de péage et donc exposés 6 heures par jour aux gaz d’échappement. En comparant ces échantillons à ceux des hommes vivant dans la même région, ils n’ont pas observé de différences concernant la quantité de spermatozoïdes, les taux de certaines hormones agissant sur la production de sperme ou des hormones sexuelles masculines. Mais les paramètres relatifs à la qualité du sperme étaient significativement moindres chez les employés des péages et même inférieurs aux normes définies par l’Organisation Mondiale de la santé. De plus amples analyses ont permis de montrer que les protoxydes d’azote et le plomb seraient les substances les plus dangereuses. Il existe ainsi une corrélation inverse entre le nombre de spermatozoïdes et la concentration de plomb dans le sang (plombémie), et les autres paramètres qualitatifs étaient inversement corrélés avec le taux de méthémoglobine, marqueur de la concentration en protoxydes d’azote. "Notre étude démontre que l’exposition continue à la pollution automobile affecte la qualité du sperme chez les hommes jeunes et d’âge moyen" concluent les auteurs. Ces derniers appellent à la conduite de plus amples études épidémiologiques et à des évaluations de la fertilité chez des hommes ayant quitté leur travail au péage, pour déterminer si l’action délétère de ces substances est réversible. (source : Laurent Mauriac, Antivoitures.free.fr ).

3, Résumons cette thèse (d’Aldous Huxley) : si vous voulez utiliser toutes les ressources de la civilisation industrielle pour acquérir un pouvoir immense, distribuez du pouvoir d’achat à la population et recourez massivement à la publicité pour la conditionner à consommer ce que vous produisez, ce qui la rendra heureuse et la fera se complaire dans sa servitude. La thèse fut publiée en 1931, bien avant que les idées de Keynes sur le soutien du pouvoir d’achat ne fussent connues du public et même de la plupart des décideurs. (source : Richard Bergeron, Le Livre Noir de l’automobile, Exploration du rapport malsain de l’homme contemporain à l’automobile, ed. Hypothèse).

Paradoxe de la voiture automobile : en apparence, elle conférait à ses propriétaires une indépendance illimitée, leur permettant de se déplacer aux heures et sur les itinéraires de leur choix à une vitesse égale ou supérieure à celle du chemin de fer. Mais, en réalité, cette autonomie apparente avait pour envers une dépendance radicale : à la différence du cavalier, du charretier ou du cycliste, l’automobiliste allait dépendre pour son alimentation en énergie, comme d’ailleurs pour la réparation de la moindre avarie, des marchands et spécialistes de la carburation, de la lubrification, de l’allumage et de l’échange de pièces standard. A la différence de tous les propriétaires passés de moyens de locomotion l’automobiliste allait avoir un rapport d’usager et de consommateur — et non pas de possesseur et de maître — au véhicule dont, formellement, il était le propriétaire. Ce véhicule, autrement dit, allait l’obliger à consommer et à utiliser une foule de services marchands et de produits industriels que seuls des tiers pourraient lui fournir. L’autonomie apparente du propriétaire d’une automobile recouvrait sa radicale dépendance (André Gorz, L’idéologie sociale de la bagnole, 1973).

A l’heure où suivant un rite annuel s’ouvre le salon de l’automobile, il peut être justifié de s’interroger sur la pertinence d’un tel achat. L’automobile est devenue une obligation, une composante de la normalité, du statut social, de l’indépendance, voire de la virilité. Ceci grâce à de vastes budgets publicitaires, au concours des pouvoirs étatiques aussi, qui sans l’ombre d’une véritable réflexion ont asphalté les routes et construit des autoroutes sur les deniers publics.

Or l’automobile, un produit dont le prix commence seulement à baisser malgré des décades de rentabilisation de l’investissement industriel, représente une pression énorme sur le budget des ménages, sans qu’un rapport avec une utilité réelle soit toujours bien établi. Loin de garantir une indépendance, l’automobile est l’objet du déchaînement de l’Etat régalien, avec le déferlement de contrôles, d’injonctions et de taxations en tout genre. Elle détruit gravement et rapidement l’environnement à travers le bruit, l’urbanisme pro-automobile, et le réchauffement climatique. Elle est enfin l’occasion de comportements individualistes, égocentriques, conflictuels et parfois violents.

Ces quelques citations d’excellents textes, sans prétendre épuiser le sujet, nous incitent à y réfléchir.

Et à nous demander si nous ne pourrions pas nous passer de l’automobile, affecter différemment nos moyens financiers, développer d’autres solutions, ou l’utiliser avec plus de mesure.


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