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- Risques boursiers: vers une nouvelle crise de 29 Economie - 07-03-2007 - TSCF

crisis Vers une nouvelle crise de 29

 1. En une semaine, le taux de change de la monnaie nippone a regagné environ 5 % face au dollar et à l’euro, mais ce rebond n’a rien à voir avec une quelconque embellie de l’économie japonaise. En fait, depuis de très longs mois, la monnaie nippone sert les intérêts des fonds spéculatifs et de tous les investisseurs qui apprécient en elle une seule chose : son bas taux d’intérêt. Emprunter en yens ne coûte pratiquement rien puisque la Banque du Japon vient de remonter à 0,5 % le prix de l’argent, qui se traînait à 0,25 % depuis plusieurs mois. Quoi de plus tentant alors que d’emprunter des yens, les revendre contre une autre monnaie et placer les dollars ou les euros ainsi obtenus sur des marchés très rémunérateurs. L’investissement en actions de pays émergents, sur des obligations à haut rendement ou sur le marché néo-zélandais couvre plus que largement le coût de l’emprunt en yens. C’est le fameux carry trade qui fait le bonheur de tout bon gérant aujourd’hui. Voire ! De plus en plus de Roumains et de Lituaniens empruntent aussi en yens pour financer leurs achats immobiliers ! En Hongrie voisine, c’est le franc suisse, une autre monnaie à bas taux d’intérêt, qui est particulièrement prisée pour les emprunts immobiliers. Quelles sont les sommes en jeu ? Selon la banque Barclays Capital, fin 2006, les positions nettes spéculatives de carry trade s’élevaient à plus de 30 milliards de dollars. Un montant record. Le vice-ministre des Finances japonais, Hiroshi Watanabe, évoque lui un marché total compris entre 80 et 160 milliards de dollars. Sur cette base, la hausse du yen depuis dix jours se chiffrerait à une perte potentielle pour les spéculateurs comprise entre 3,1 et 6,2 milliards de dollars. (Le Figaro.fr, 06/03/2007).
 
euro12.Les marchés boursiers mondiaux ont rebondi mardi après cinq séances consécutives dans le rouge et une baisse sans précédent depuis quatre ans, les investisseurs profitant de la chute des cours pour acheter des actions à des prix attractifs (…). Mais la plupart des experts soulignent la fragilité de ce rebond, dont la poursuite dépendra des prochains signaux sur la santé de l’économie américaine. "Les marchés reprennent un peu leur souffle, mais toute la question est de savoir combien de temps cela va durer", a déclaré le stratégiste d’une société de Bourse française. "Tout le monde attend déjà les chiffres sur l’emploi américain de vendredi, très surveillés compte-tenu des craintes sur l’état réel de l’économie américaine". La question est: ce rebond va-t-il se poursuivre?, a renchéri Lisa Jarvis, analyste chez ABN Amro Morgans à Sydney. "Beaucoup de gens pensent que la correction se poursuivra entre quatre et six semaines, voire huit semaines. Ce n’est peut-être qu’une accalmie temporaire, je ne sais pas si nous sommes tirés d’affaire", a-t-elle ajouté. Sur le marché des changes, euro et dollar se reprenaient également face au yen mardi, grâce à l’accalmie boursière et après des propos rassurants du secrétaire américain au Trésor, en visite en Asie. "Nous sommes tombés d’accord pour dire que les fondamentaux de l’économie mondiale sont solides", et "nous partageons l’opinion selon laquelle les marchés devraient refléter cet état de fait", a déclaré le ministre japonais des Finances, Koji Omi, à l’issue d’une rencontre à Tokyo avec M. Paulson (Belga, 06/03/2007).

globalization1L’économie repose de plus en plus sur des flux internationaux de placements rentables (bourses, sociétés fiduciaires, fonds de pensions internationaux, etc.). Cette prévalence de la spéculation sur la production fait courir le risque d’une panique générale en cas d’effondrement des cours dans une région ou un secteur donné. Compte tenu de la déréglementation intervenue ces deux dernières décades, la chute des Bourses qui pourrait s’ensuivre se propagerait à une vitesse sans précédent et sans aucune restriction. L’économie serait asphyxiée, avec des investissements en chute libre, du fait de l’effondrement du marché des capitaux où les firmes industrielles et les gouvernements empruntent. Les entreprises, qui font de plus en plus appel au financement boursier, ne pouvant plus financer leur passif, on assisterait à des faillites en chaîne et une explosion du chômage. La crise asiatique survenue il y a une dizaine d’années suivie par la crise latino-américaine ont été des secousses importantes, peut-être des signes avant-coureurs. Dans ce type de cas, le FMI, les banques centrales et les gouvernements ont jusqu’à présent pu colmater les brèches; ces organes de régulation seraient cependant débordés en cas de crise de grande ampleur.

euro1Les conditions de déclenchement de la crise de 1929 sont assez similaires aux conditions actuelles. La période précédant le krach était marquée par une divergence d’évolution entre la production et les cours boursiers. Entre 1921 et 1929, la production industrielle augmentait de 50%, mais la hausse totale des cours sur la même période était de 300%. Le cours des titres augmentait plus que les profits des entreprises, qui eux-mêmes augmentaient plus que la production, que la productivité, et enfin que les salaires. Un élément spéculatif se développa, car ce n’était plus les dividendes qui attiraient les investisseurs, mais la possibilité de revendre avec une importante plus-value, beaucoup de titres étant achetés à crédit à cette fin. L’économie productive, elle, ralentissait depuis début 1929 en partie à cause d’un phénomène d’asphyxie, les capitaux disponibles allant à la Bourse plutôt que vers l’économie réelle.

Après que les cours aient atteint un record en octobre 1929, et quelques jours avant le krach, les premières ventes massives eurent lieu. C’étaient encore des prises de bénéfices, mais elles commencèrent à entraîner les cours à la baisse.Le jeudi 24 octobre marqua la première vraie panique. Le matin, il ne se trouva presque pas d’acheteurs, quel qu’ait été le prix, et les cours s’effondrèrent. A midi, l’indice Dow Jones avait perdu 22,6 %. A l’issue d’une réunion d’urgence, cinq des principaux banquiers de la place de New York déclarèrent: "Il y a eu une petite quantité de ventes à perte à la Bourse en raison de conditions techniques sur le marché. Le consensus de notre groupe est que la plupart des cotations de la Bourse ne représentent pas fidèlement la situation. La situation est susceptible de s’améliorer…"


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