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- Liberté et sécurité sur la route: l’appel efficace à l’autorégulation Ethique, Interpersonnel, Société - 07-12-2006 - TSCF

schema-sommaireFaut-il diminuer les contrôles routiers?

Les automobilistes seraient plus prudents sur les routes où ne sont affichées que les informations les plus essentielles. Aux oubliettes feux tricolores, marquages au sol et panneaux de signalisation… Certains ingénieurs européens plaident pour le minimalisme en matière de régulation du trafic, invoquant des retombées positives sur la sécurité routière. Selon eux, les automobilistes seraient plus prudents sur les routes où ne sont affichées que les informations les plus essentielles. "Ça marche", assure l’urbaniste Ben Hamilton-Baillie, chef de la branche britannique du programme "Shared Space" ("espace partagé"), financé par l’Union européenne, destiné à tester la viabilité du concept des "routes nues". Depuis 2004, certaines routes à Ipswich (Angleterre), Bohmte (Allemagne), Ejby (Danemark), Ostende (Belgique) et Emmen (Pays-Bas) ont été dépouillées de leur signalisation, et les autorités suivent attentivement la situation en termes de sécurité routière. Les villes néerlandaises de Makkinga et Drachten avaient ouvert la voie dans les années 70 sous la supervision de l’urbaniste visionnaire Hans Monderman.

A Ipswich, trois rues étroites du centre ont été débarrassées d’un ensemble de panneaux, lignes et barrières. Il ne reste plus que quelques avertissements discrets mettant en garde contre le stationnement illégal. De nombreux habitants d’Ipswich s’avouent perplexes. "C’est joli maintenant", reconnaît Valentine Rowe, une habitante. "Mais on pourrait remettre des panneaux de limitation de vitesse pour empêcher les jeunes conducteurs de rouler trop vite." Certains sont convaincus que les "rues nues" donnent des résultats positifs. "Les automobilistes se comportent entre eux de manière beaucoup plus civilisée", affirme M. Hamilton-Baillie, évoquant la ville néerlandaise pionnière de Drachten, où les feux ont disparu de la place Laweiplein en 2003. "Ils ont même élaboré leurs propres signaux manuels pour communiquer entre eux", ajoute-t-il. La place Laweiplein voit passer 22.000 véhicules par jour, dont des dizaines de bus. Ceux-ci mettaient auparavant 53 secondes en moyenne pour traverser ce carrefour contre 24 à 36 aujourd’hui, selon les autorités. Par ailleurs, en 2004 et 2005, on a déploré seulement deux accidents ayant fait des blessés, au lieu de dix en 2002, quatre en 2001 et neuf en 2000. (…)

Selon les psychologues, une pléthore de panneaux crée la confusion chez les automobilistes, qui en ignorent de toute façon 70%. Les conducteurs peuvent également être irrités par une longue liste d’instructions alors que s’ils peuvent interagir librement, ils peuvent avoir un comportement plus prudent et civilisé, ajoutent-ils. A Ejby, dans le centre du Danemark, on a enlevé les panneaux de signalisation et redessiné une partie du centre. "Certaines de nos villes sont aujourd’hui des jungles de panneaux où les automobilistes sont désorientés", affirme Peter Kjems Hansen, du département technique de la ville. (…) A Londres, dans la rue encombrée de Kensington High Street, le démantèlement de 850 mètres de barrières de sécurité pour les piétons et de nombreux panneaux et marquages en 2000 a porté ses fruits: entre 2000 et 2003, le nombre de piétons blessés a chuté de près de 60% et la circulation est plus fluide. (La Libre 07/12/2006)

On ne sait pas qui sont ces ingénieurs, mais leur point de vue est utilement corrosif. L’automobile est le domaine par excellence où se déchaîne le délire étatique de contrôle. Dispositions impératives du "code de la route", contrôles policiers, photos, radars, multiplication des signaux, interdictions diverses, exhibition sur ordre des pièces d’identité, assurances forcées, numéros de chassis à des fins de traçage, plaques minéralogiques obligatoires et payantes (restituables, mais non remboursables), port "obligatoire" d’accessoires de sécurité…

Or les chiffres produits et les expériences menées montrent que faire confiance aux automobilistes non seulement ne se traduit pas forcément par un accroissement du nombre d’accidents, mais peut même en entraîner la diminution. Qu’il y a alors développement de nouveaux codes de communication, meilleure concentration de l’attention, et un comportement plus responsable.

Tant il est vrai que la sécurité sur la route est en dernier ressort basée sur une autorégulation qui ne peut être entièrement fondée sur la peur du gendarme, et qui ne peut être remplacée par elle.


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