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- Le piège de l’euro Economie, Ethique, Justice - 05-12-2006 - TSCF

US dollar notes exchange hands at a local bank in BeijingL’euro qui monte, qui monte… quelles conséquences?

En quinze jours, la devise européenne a vu sa valeur gonfler de 4 pc face au dollar. Principale cause de la hausse : l’évolution contrastée des taux d’intérêts aux Etats-Unis et en Europe. Pas d’inquiétude pour l’instant, estime une analyste. Sans lever le petit doigt, le détenteur de fonds monétaires libellés en euros vient de voir ses actifs gonfler de 4 pc en quinze jours. Soit une hausse impressionnante de… 96 pc en glissement annuel ! À condition de se référer au dollar. Car bien qu’elle se soit aussi appréciée face à d’autres monnaies comme le yen, c’est face au billet vert que la devise européenne a enregistré cette progression fulgurante.

Pourquoi l’euro a-t-il bondi aussi fortement contre le dollar ? L’élément de réponse le plus évident réside dans le différentiel des taux d’intérêts entre les Etats-Unis et la zone euro. Alors que la Réserve fédérale américaine (Fed) a marqué une pause dans son cycle de relèvement des taux et pourrait même les abaisser vers mars ou avril 2007, la Banque centrale européenne (BCE) continue, de son côté, à serrer la vis monétaire. Les économistes s’attendent à une hausse du principal taux directeur de la BCE ce jeudi, à 3,5 pc. Et il se pourrait bien que ce ne soit pas la dernière. "Lors de sa précédente réunion , la BCE a laissé la porte ouverte à de nouvelles hausses des taux", explique Annick Pierard, analyste chez ING. "Selon nos estimations, elle relèvera encore ses taux d’un quart de point, au plus tôt en février. Dans l’état actuel, nous estimons que 3,75 pc sera le taux maximum pour 2007." Étant donné que, contrairement à la BCE, la Fed devrait quant à elle abaisser ses taux en 2007, les cambistes ont tendance à revoir leurs positions en dollars. Et à privilégier l’euro.(…) Les cambistes gardent aussi un oeil sur l’Asie. Car c’est là que se trouvent concentrés les deux tiers des réserves de change de la planète. "Quand la Banque centrale de Chine dit qu’elle pourrait diversifier ses réserves, il y a inévitablement un effet sur le marché des changes", souligne Annick Pierard. "L’inquiétude des opérateurs grandit et ils ont tendance à vouloir se couvrir contre une éventuelle baisse du cours du dollar".

En cas de hausse de l’euro, les entreprises qui exportent hors de la zone euro sont pénalisées, leurs biens et services devenant plus chers à la vente. A cet égard, le niveau actuel de la devise européenne (plus de 1,33 dollar) est-il critique ? "Non", estime Annick Pierard. "Loin de ne suivre que le cours de l’euro face au dollar, la BCE calcule un taux de change effectif permettant de mesurer la compétitivité des entreprises européennes. Le niveau de ce taux n’est pas encore préoccupant" .Il n’y aurait donc pas de quoi s’inquiéter pour la compétitivité européenne dans l’état actuel des choses. (Source: La Libre Belgique 05/12/2006).

Ce type de fausse bonne nouvelle a de quoi préoccuper, tant quant à la qualité de l’information journalistique qu’à celle de l’analyse économique.

L’économie de l’eurozone est exsangue. Il suffit de regarder autour de soi pour apercevoir l’apathie générale, le développement de la pauvreté, de la précarité, la faiblesse de la croissance, la permanence du chômage, la difficulté de vivre. La BCE suit une logique purement monétariste héritée de son histoire, et qui était celle de la Bundesbank avant elle; mais la Bundesbank opérait elle-même dans un contexte allemand d’économie sociale de marché qui n’est pas le contexte européen. A cet égard, la montée de l’euro n’est pas une bonne nouvelle. Que des spéculateurs boursiers ou commerciaux en profitent ponctuellement ou systématiquement est possible; c’est là leur affaire et non celle de la majorité. L’euro n’est pas "fort" parce qu’il est soutenu par une économie forte. Il monte parce qu’une économie exsangue génère moins d’inflation apparente, importe moins; parce que les coupes dans l’emploi et les salaires favorisent à court terme les profits financiers.

Il faut aussi remarquer que si l’euro progresse, c’est principalement et depuis le début, par rapport au dollar américain. Pourquoi? Tout porte à croire que le gouvernement américain a choisi de laisser filer le dollar pour faire financer ses gigantesques déficits par l’étranger, et singulièrement par l’Union Européenne, afin de poursuivre sa politique d’expansion et de soutien à l’économie, y compris l’économie militaire.

Nos "intelligents" dirigeants européens auraient-ils été pris au piège de leur ambition impériale? Ils pensent sans doute faire reposer sur la majorité des Européens les conséquences de leur politique…

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