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- France: le débat sur l’identité nationale nous apprend-il quelque chose? Ethnicité - 10-12-2009 - TSCF

bonapartism4Oiseux débat sur l’identité nationale en France

La population française comptait 64,3 millions d’habitants au 1er janvier 2009 (métropole et DOM). La courbe de la fécondité, qui avait atteint les deux enfants par femme en 2006, avait très légèrement baissé en 2007, une baisse sans lendemain puisque les Françaises ont battu de nouveau un record en 2008, avec 2,02 enfants par femme, qui rapproche la France du seuil de renouvellement naturel des générations (2,07). Tout juste deux enfants par femme ne serait pas suffisant, car il naît chaque année plus de garçons que de filles, et que quelques unes d’entre elles meurent avant d’arriver à l’âge de procréer. La France confirme sa place de championne d’Europe des bébés, avec l’Irlande. La moyenne européenne se situe à environ 1,5 enfant par femme, plusieurs pays se situant en-dessous de cette moyenne comme l’Allemagne, l’Espagne, le Portugal, la Pologne ayant un taux proche de 1,2 seulement. Ce dynamisme conduit à un nombre de naissances en 2008 jamais atteint depuis 1981: en 2008, 801.000 enfants sont nés en métropole et 33.000 dans les DOM. Le solde naturel, c’est-à-dire la différence entre les 834.000 naissances et les 543.500 décès, est donc très élevé, de 290.000 personnes. L’augmentation de la population française, estimée à 64,3 millions d’habitants au 1er janvier 2009 (métropole et DOM), s’explique essentiellement par ce solde naturel, auquel s’ajoute le solde migratoire de 76.000 personnes. L’immigration joue peu par ailleurs dans le taux de fécondité de la France, indique-t-on à l’Insee, où l’on estime, à 0,1 point la contribution des mères d’origine immigrée ou étrangères au taux de fécondité de 2,02. En effet, leur nombre d’enfant est légèrement plus élevé. (Le Soir 17/01/2009)

mosque1Voilà un bulletin démographique bien suspect. L’INSEE, rappelons-le, est un organisme d’Etat en position de quasi-monopole, et parfaitement susceptible d’être manipulé.

Ce rapport est suspect d’abord parce qu’il alimente les campagnes populationnistes et natalistes de l’Etat français. Ces idéologies, rappelons-le, croient au nombre comme facteur de puissance. Si la campagne de France a été perdue en 1940, c’est en raison d’un nombre insuffisant d’hommes. Peu importe si l’Histoire a démontré que l’expansion de l’Etat est elle-même la cause du déclin démographique. Peu importe si la guerre est devenue une affaire technologique. Il fallait remplir les casernes et les usines, puis plus tard faire baisser les salaires et recréer un prolétariat docile aux dirigeants - même s’il s’avère finalement instable -, ce qui leur permet de perpétuer les anciens modes de gouvernance autoritaire. 

mosque1Ensuite, ce type de rapport s’accompagne de cocoricos qui se veulent rassurants quant à l’ampleur et aux conséquences de l’immigration. L’INSEE regrette que prévaille l’image d’une France en déclin démographique, prise d’assaut par une vague montante d’immigration. Et pourtant, son bilan ne fait pas état de la «fécondité française », mais de la fécondité des femmes habitant en France. Or, il faut distinguer les familles d’origine européenne des familles d’origine africaine, ces dernières ayant un taux de fécondité supérieur à 3, ce qui implique un taux corrigé à la baisse pour les premières (seul taux de référence valide par rapport aux autres pays européens). Il faut aussi aller chercher ailleurs que dans les statistiques de l’INSEE pour découvrir par exemple que le département record de la fécondité est la Seine-Saint-Denis, et que dans ce département 40% des naissances sont de mère étrangère. De plus, l’ethnicité du père n’est pas prise en compte dans ce calcul de fécondité. Or, les unions interethniques où la femme est d’ethnicité européenne sont beaucoup plus fréquentes que celles où le père est d’ethnicité européenne. C’est le côté sordide du mythe phocéen – la déloyauté ethnique devient mythe fondateur et pratique courante d’une cité, d’un peuple, d’une nation. On peut donc présumer qu’une large part de ces naissances dites « françaises » est largement imputable à des couples mixtes dont un parent est issu de l’immigration.

Enfin, les statistiques ethniques, brouillées par le système juridique, sont lacunaires ou mal documentées, compte tenu des interdits qui pèsent sur elles et de l’absence de recherche de sciences sociales de qualité. Elles ne recensent pas un Turc de nationalité allemande venu s’installer en France, par exemple, et ne prennent pas en compte la seconde ou la troisième génération issue de l’immigration. 

mosque1Evaluer à contrario, comme l’a fait Gérard Pince, le stock actuel de Français et Européens de souche, paraît plus pertinent. Nous disposons en effet d’un point de départ précis: celui de la population en 1946 (40.246.742), sachant que les étrangers et immigrés étaient alors à 88% d’ethnie européenne. On ajoute à cette population initiale l’accroissement naturel (hors immigration) jusqu’en 1974, date du regroupement familial et on obtient 49.105.699 en 1975. On applique ensuite à ce dernier chiffre, les taux d’accroissement naturel de trois départements français où l’immigration est restée jusqu’à ce jour négligeable (la Manche, les Deux-Sèvres et la Vendée). On arrive ainsi en 2008 à 53 millions d’habitants pour la population d’ethnie européenne. Comme l’INSEE estimait la population globale de la France à 62 millions en 2008, il en résulte que les ethnies noires, arabes et asiatiques représentent 9 millions de personnes à cette date, auxquelles il faut rajouter quelques 500,000 clandestins.

Le résultat de cette méthode correspond aux observations quotidiennes. Le vrai bilan démographique est celui d’une substitution de population.

mosque1Dans ce contexte, on ne peut que sourire devant la nouvelle initiative du gouvernement français sur "l’identité nationale". Croit-il vraiment qu’une série de colloques dans les préfectures convertira les « jeunes » de banlieue aux "valeurs républicaines"? Encore faudrait-il montrer en quoi ces soit-disant valeurs distingueraient ce pays de n’importe quel autre pays occidental. La France est un pays qui a représenté l’Etat-nation par excellence – c’est le plus vieux d’entre eux. Elle a subi une rapide réduction de statut qui en fait une puissance moyenne, dont les attributs de la souveraineté ont presque tous disparu: les frontières, le franc, le service militaire… Elle vit de manière très douloureuse son insertion dans un ensemble européen qu’elle avait conçu inconsciemment comme une extension d’elle-même, et auquel elle doit en fait se plier. Ajoutez à cela l’arrivée massive de populations difficiles à soumettre aux normes de la francité traditionnelle et vous constatez que le pays cumule avec une intensité rare tous les paramètres d’un trouble de l’identité. L’identité nationale est une fiction politique créée par les Etats-nations. Mais pour faire vivre cette fiction, il faut un substrat plausible d’identité ethnique. Or ce dernier aujourd’hui n’existe plus.
 


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