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Social Capital

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L'actualité du capital social, de la vie en société et des options de société.

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- Libéralisme et individualisme Economie, Ethique, Politique - 30-05-2010 - TSCF

Faillite de la Grèce ou faillite de l’Etat grec ?

On voudrait nous faire croire que c’est la faillite de la Grèce. Rien n’est plus faux. C’est la faillite de l’Etat en Grèce. C’est la preuve éclatante de la dangerosité des hommes politiques, des hommes de l’Etat. Ceux-ci ont ruiné leur pays. Ce ne sont pas les Grecs eux-mêmes. Ce sont les hommes de l’Etat, ce qui inclut leurs complices dits "privés". Les hommes de l’Etat, non contents de ruiner les Grecs, leur demandent aujourd’hui de se serrer la ceinture pour réparer leurs bêtises.Est-il normal que "le peuple" paie pour l’incurie de ses dirigeants ? Certes, on conviendra sans peine qu’en un sens il l’a bien cherché. Comme l’immense majorité des Européens, et surtout des Français, les Grecs croient en l’Etat. Ils ont voté pour des Hommes de l’Etat qui prétendaient leur assurer le bonheur sans effort, sans responsabilité, sans prévoyance. En résumé ils avaient "l’Etat". Et, Bastiat l’écrit dans son pamphlet : "L’État, c’est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde". "Le peuple" s’est laissé faire. Mais la responsabilité de la catastrophe incombe en premier lieu aux hommes de l’Etat. La naïveté, la crédulité même intéressée, la paresse, l’égoïsme ne sont que des facteurs favorisants. (…) Que faire ? Il faut revenir aux fondamentaux. Il faut rendre à l’individu ses droits naturels. La bonne solution consiste à liquider l’Etat tel que nous le connaissons, pour le recentrer sur ses activités de base. Les Grecs ne sont pas en faillite, c’est leur état qui l’est. Il faut privatiser. C’est-à-dire rendre aux gens tous ce que l’Etat leur a confisqué, pour le restituer à leurs propriétaires naturels et légitimes les individus. Il faut vendre tous les actifs non indispensables aux fonctions régaliennes de l’Etat. Les Grecs ont les moyens. Il paraît que 40% de leur PIB provient de l’économie libre ("clandestine", en Novlangue), et que les Grecs fortunés investissent en masse à l’étranger, à Londres en particulier. (Blog « Objectif Liberté », 10/05/2010)

Cet article (dont nous citons ici des extraits) est symptômatique des mérites et des absurdités du libéralisme. Car si cette idéologie insiste à juste titre sur les excès de la bureaucratie d’Etat et sur le fait que cette dernière fausse et étouffe l’économie…elle réduit de façon plus que simpliste la société à une collection d’individus.

Nous ne sommes plus au XVIIIème siècle. Depuis Bastiat (1801-1850), de l’eau a coulé sous les ponts. Les sciences sociales nous ont appris que la société unit ses membres par des normes, des valeurs, des attitudes, un sentiment de communauté, une moralité. Plus cet esprit commun est fort, plus la société s’autogère par la négociation, le réseau et la confiance.

En réalité, la société se gère très bien elle-même dans l’immense majorité des cas. Sinon, rien ne pourrait fonctionner au quotidien, et surtout pas la vie des affaires! Et ce n’est pas la peur du gendarme qui fait fonctionner les gens. C’est tout simplement le sens commun et la moralité. La « société de surveillance » actuelle est fondée sur l’exploitation par les gouvernements d’une infime proportion de cas extrêmes de déviance sociale. Des cas qui résultent pour une bonne part des politiques menées par ces mêmes gouvernements.. Extrapolant sur ces cas minoritaires, la bureaucratie étatique en fait un prétexte pour édicter et imposer à son bénéfice ses règles, ses restrictions et ses sanctions.

Dans la pratique, le libéralisme et le néo-libéralisme ont fonctionné comme des idéologies étroitement liées aux intérêts de la bourgeoisie d’affaires qui les portent. C’est la raison pour laquelle ils insistent sur les libertés économiques (celles des entrepreneurs) plus que sur les libertés sociales (celles de la société) face aux Etats, alors que ces dernières sont tout aussi importantes. Si les valeurs individualistes qui sont les siennes ne sont pas celles de la société ambiante, qu’à cela ne tienne, elle promeut et instille de telles valeurs jusqu’à affaiblir dangereusement le lien social. Le démantèlement de la prévoyance sociale et de toute forme de protection que ce courant a généralement promu n’est pas une solution miracle, et génère à court terme pauvreté et précarité. Les troubles sociaux et mentaux qui en résultent sont alors réprimés via les instruments policiers et judiciaires mis en place par la « société de surveillance ».

Dès lors, si nous pouvons souscrire à l’idée d’une éradication de l’Etat et à son recentrage sur des services utiles (pas forcément des fonctions régaliennes, car nombre de fonctions dites régaliennes pourraient être soit privatisées, soit sociétalisées ou mutualisées), nous ne pouvons pas pour autant cautionner une idéologie individualiste simplificatrice qui ne propose rien de réel pour remplacer le recul de l’emprise étatique.

Le libéralisme et l’étatisme ne s’opposent pas. En réalité. Ils se complètent : le premier, en détruisant le lien social, fait le lit du second, car il rend crédible la nécessité des régulations ; le second a tout intérêt à la promotion d’attitudes individualistes qui, en rendant la société incapable de se réguler elle-même sans l’Etat, donneront l’impression qu’il est indispensable.

 
 


(4.1/5 - 23 Votes)
- Les dangers du pouvoir médical Ethique - 05-02-2009 - TSCF

  Les hôpitaux plus meurtriers que la route

1)  Victime d’une grave infection, Mariana Bridi da Costa, un mannequin brésilien âgé de 20 ans qui a été candidate pour représenter son pays au concours Miss World, a dû subir des amputations des pieds et des mains et se trouve toujours dans un état critique. Soignée fin décembre pour des calculs rénaux, Mariana Bridi a vu son état empirer, la forçant à retourner à l’hôpital deux jours plus tard. Il s’est avéré que la jeune fille souffrait en fait d’une très grave infection, qui a conduit à l’amputation de ses pieds et de ses mains. Suite à ces opérations, la mannequin a encore dû subir une troisième intervention à cause d’une hémorragie interne. Mariana Bridi figurait parmi les candidates brésiliennes arrivées en finale nationale pour le concours Miss World en 2006 et 2007. Elle a remporté un prix au concours Miss Bikini International organisé en 2007 en Chine, où elle a terminé 6e sur 50 participantes (7sur7, 23/01/09).
 
2) En Belgique, plus de 1.500 personnes décèdent chaque année suite à une hospitalisation, écrit lundi la presse francophone qui se base sur des données du Centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCF) provenant d’un chercheur de la KUL. Ces personnes meurent à la suite d’un "évènement indésirable" survenu dans un centre de soins. Il s’agit, selon le KCF, "d’une lésion ou d’une complication non intentionnelle, entraînant une invalidité, la mort ou une prolongation du séjour hospitalier pour le patient et imputable à la gestion des soins hospitaliers plutôt qu’à la pathologie du patient". Selon Baudouin Byl, médecin hygiéniste à l’hôpital Erasme à Bruxelles, "les évènements indésirables oscillent entre 6 et 10pc des admissions à l’hôpital". La société mutualiste Medical Services fait quant à elle état de 20.000 erreurs médicales chaque année, dont 2.000 débouchent sur le décès des patients (Belga 19/01/2009).
 
3) Des facteurs culturels ont une influence sur la quantité d’antibiotiques utilisée par les habitants d’un pays. Les Belges en consomment beaucoup, indique une étude comparative qui vient de paraître menée par le Dr. Reginald Deschepper de la Vrije Universiteit Brussel en collaboration avec d’autres universités européennes. Deux dimensions culturelles apparaissent comme signifiantes par rapport à la consommation d’antibiotiques: la difficulté à faire face à l’incertitude et la défiance envers l’autorité. La difficulté à faire face à l’incertitude vise à analyser dans quelle mesure les personnes sont prêtes à accepter l’incertitude et le manque de clarté des situations médicales. Dans les pays où ce score est faible comme aux Pays-Bas, les médecins et les patients acceptent relativement facilement de vivre avec cette incertitude et attendent de voir l’évolution. De cette manière, ils évitent en général le recours aux antibiotiques. La deuxième dimension liée à la consommation d’antibiotiques est la défiance par rapport à l’autorité. Dans les pays où la confiance est élevée, comme la Belgique, les patients suivent le jugement des personnes qui ont autorité, les médecins. Ils ne ressentent donc pas le besoin de discuter de la nécessité d’utiliser des antibiotiques. Selon le Dr Deschepper, l’étude du rôle de la dimension culturelle peut nous aider à comprendre pourquoi dans certains pays comme la Belgique il est difficile de réduire le recours aux antibiotiques (La Libre 18/07/2008).
Cette reine de beauté est morte moins des effets de la maladie que de la barbarie charcutière du corps médical. Qu’eût été la vie de cette jeune fille amputée des mains et des pieds, des deux reins et d’une partie de l’estomac, si par hasard ces mutilations – perpétrées très probablement sans la moindre autorisation de l’intéressée ni de sa famille – lui avaient permis de rester en vie, ce qui comme on l’a vu très rapidement n’a pas été le cas ? Le fait est que le « medical divide » permet aux hommes en blanc de jouer les autorités sans recevoir le moindre contrepoids. C’est là l’une des illustrations les plus criantes de la vérité énoncée par Thomas Jefferson, suivant laquelle il ne peut y avoir de démocratie sans citoyens éduqués. Dans ce domaine, la crédulité du public, la dépendance physique mais aussi psychologique de malades inquiets ou déprimés, et l’impuissance de familles désemparées, ne connaissent pas de bornes.
 
Naturellement, les gouvernements sont venus conforter la faiblesse du contrôle par le public en faisant du monde médical une économie administrée et dirigée. Les prix sont fixés étatiquement,  une grande partie des hôpitaux sont "publics" (entendons: d’Etat). Le sacro-saint "remboursement" , dont les modalités sont fixés par l’Etat et non plus par la solidarité, booste le chiffre d’affaires des médecins et sélectionne à sa manière les "bonnes" pratiques, devenant la pierre angulaire d’un business protégé.  L’Etat intervient directement dans l’infantilisation du public: médicaments non-délivrés sans ordonnance (le médecin preste de façon obligatoire… mais se fait payer) ni sans preuve d’identité sur la base de documents d’Etat, hôpitaux qui refusent de prester sans prescription, contrôle individuel des quantités prises de certains médicaments, contrôles par les douanes… On se réfèrera également à l’étrange notion, introduite par les gouvernements, d’"autorité médicale". Il faut se souvenir en toutes circonstances que le médecin est un technicien, qualifié certes, mais bien un technicien au service de son client, et non le contraire. 
 
Le résultat de ce système mafieux est décrit par le rapport de la KUL: décisions thérapeutiques non contrôlées, bureaucraties hospitalières opaques et mal gérées, insuffisance de prestation, maladies propitiatoires, bavures médicales, « événements non désirables », etc.  Encore les chiffres cités, de 10 % de décès – déjà faramineux – , sont-ils probablement sous-estimés. Car pour pouvoir identifier un problème de diagnostic ou de gestion des soins, il faut qu’un contre-pouvoir lucide et actif s’interpose de façon contradictoire. Peu plausible, car constater les causes d’un décès par erreur ou l’existence de complications provoquées est du ressort… du corps médical. Il faudrait que ce dernier soit doué d’une fameuse capacité à se remettre en question pour qu’il agisse ainsi. 
 
Evidemment, le principe d’un contrôle démocratique de la médecine par le public sera d’autant plus difficile à faire respecter que la population est tenue dans une ignorance totale son propre corps. La solution serait d’enseigner massivement la médecine, la psychologie et le développement personnel dès l’enseignement secondaire. Plutôt que d’assommer les jeunes à hautes doses avec Ronsard et Du Bellay, voire avec de l’algèbre, cela permettrait à terme à la population de s’auto-diagnostiquer plus facilement, de prévenir le développement de certaines pathologies et de participer à la conduite de sa propre thérapie. Dans une société déreglementée et en proie à des problèmes graves de santé publique, cela serait bien utile.
 
Il ne faut bien sûr compter ni sur la profession médicale ni sur l’Etat pour impulser une telle réforme, ni même pour en avoir l’idée. La médecine à la mode soviétique en serait trop secouée dans son pouvoir et son prestige, les ministères réglementeurs en seraient trop vidés de tout sens. Quant à l’étude du Dr Deschepper, elle utilise les échelles de Hofstede d’évitement de l’incertitude et de distance de pouvoir. Elle montre qu’en l’espèce, se sécuriser à l’intérieur d’une système hiérarchisé conduit à ne pouvoir maîtriser l’utilisation d’un médicament dont l’abus a des effets néfastes connus.
 
Une communauté retrouvée passe par l’abolition des prébendes et des chasses gardées attribuées à certains groupes particuliers - celles-ci nourrissent le pouvoir d’Etat, qui à son tour s’emploie à les conforter.

 


(4.3/5 - 34 Votes)
abus   Etat   médecine  
- Convivialité: la semaine du bonjour Ethique - 25-05-2008 - TSCF

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La semaine du bonjour: les gestes élémentaires

Si vous dites "bonjour" spontanément à un inconnu en rue entre le 5 et le 9 mai, tout ce que vous risquez est de gagner 25 ou 25.000 euros. Des membres de "Message sans nom", un groupe qui milite pour une société plus amicale et soucieuse de l’autre, arpenteront en effet les rues à la recherche de ces "bonjours" spontanés durant la "Semaine du bonjour". "Message sans nom" part du principe que de petits changements suffisent à rendre la société plus agréable. Pour récompenser les personnes amicales, une "équipe du bonjour" anonyme arpentera les rues du pays et offrira jusqu’à 100 fois 25 euros par jour à qui leur dira bonjour spontanément. Deux d’entre eux gagneront même 25.000 euros. "C’est facile de mobiliser les gens mais il faut un encouragement. Notre objectif est donc de donner une petite étincelle à ce geste simple que nous voulons installer", explique le directeur créatif de la campagne.

 La Semaine du Bonjour, qui s’est déroulée du 5 au 9 mai, a remporté un grand succès, a indiqué mardi Piet Jaspaert, coordinateur de l’asbl Message sans Nom. L’action va désormais être déclinée avec l’accroche "Dites bonjour et gagnez… un million de sourires, un collègue de bonne humeur, des voisins sympas…". Les plus courtois ne seront donc plus récompensés d’une somme d’argent. Avec le slogan "Dites bonjour et gagnez 25.000 euros", la campagne a sillonné la Belgique la semaine dernière. "La campagne a aussi énormément attiré l’attention des médias et celle des institutions et des entreprises", a indiqué Piet Jaspaert. Le but était d’offrir 25 euros à 100 personnes qui diraient spontanément "Bonjour" dans la rue. L’équipe n’a pu trouver que 35 "Bonjours" spontanés par jour. "Cela prouve qu’il faut oeuvrer pour une société plus amicale et attentive", a jouté M. Jaspaert. La campagne va être prolongée ces prochaines semaines. Via le site web www.messagesansnom.be, des idées sont récoltées pour dire "bonjour" d’une façon nouvelle. Les meilleurs idées seront publiées fin 2008 dans un livre édité par Message sans Nom. La campagne a reçu beaucoup d’attention de l’étranger également (Belga, 29/04/2008 et 13/05/2008).

Derrière sa simplicité apparente, cette initiative va loin! Elle a le mérite de reposer sur leurs bases les gestes élémentaires qui sont indispensables non seulement pour la communication interpersonnelle, mais pour le vivre-ensemble et, finalement, pour la création de capital social durable.

social capital 4Quelles que soient les vicissitudes de la vie sociale ou nos frustrations individuelles, il faut poser ces actes minimaux sur lesquelles tout rapport social se construit : la reconnaissance de l’autre dans l’espace public par le regard, le sourire et le salut. Peu importe si ce salut est mal reçu, ne reçoit pas de réponse, ou est mal interprété. Il faut avoir le courage et la patience d’apporter cette contribution individuelle modeste, mais réelle, à la restauration de la civilité et du bon voisinage. Nul doute que le chemin sera long dans les sociétés les plus bloquées: la Flandre, la France…:). Mais il faut persévérer.

Qu’il nous soit permis de douter de l’adhésion sincère à cette éthique d’Electrabel, Fortis ou la Loterie Nationale, qui ont financé cette initiative… ce sont des sponsors aux visées publicitaires, qui n’en ont sans doute pas compris la portée profonde. Leur nature et leur comportement: exploitation financière de la population dans le cas d’Electrabel, comportement de raider dans le cas de Fortis, opium des jeux populistes dans le cas de la Loterie Nationale…ne semblent guère cadrer avec la restauration du lien social.


(4.4/5 - 28 Votes)
- Liberté et sécurité sur la route: l’appel efficace à l’autorégulation Ethique, Interpersonnel, Société - 07-12-2006 - TSCF

schema-sommaireFaut-il diminuer les contrôles routiers?

Les automobilistes seraient plus prudents sur les routes où ne sont affichées que les informations les plus essentielles. Aux oubliettes feux tricolores, marquages au sol et panneaux de signalisation… Certains ingénieurs européens plaident pour le minimalisme en matière de régulation du trafic, invoquant des retombées positives sur la sécurité routière. Selon eux, les automobilistes seraient plus prudents sur les routes où ne sont affichées que les informations les plus essentielles. "Ça marche", assure l’urbaniste Ben Hamilton-Baillie, chef de la branche britannique du programme "Shared Space" ("espace partagé"), financé par l’Union européenne, destiné à tester la viabilité du concept des "routes nues". Depuis 2004, certaines routes à Ipswich (Angleterre), Bohmte (Allemagne), Ejby (Danemark), Ostende (Belgique) et Emmen (Pays-Bas) ont été dépouillées de leur signalisation, et les autorités suivent attentivement la situation en termes de sécurité routière. Les villes néerlandaises de Makkinga et Drachten avaient ouvert la voie dans les années 70 sous la supervision de l’urbaniste visionnaire Hans Monderman.

A Ipswich, trois rues étroites du centre ont été débarrassées d’un ensemble de panneaux, lignes et barrières. Il ne reste plus que quelques avertissements discrets mettant en garde contre le stationnement illégal. De nombreux habitants d’Ipswich s’avouent perplexes. "C’est joli maintenant", reconnaît Valentine Rowe, une habitante. "Mais on pourrait remettre des panneaux de limitation de vitesse pour empêcher les jeunes conducteurs de rouler trop vite." Certains sont convaincus que les "rues nues" donnent des résultats positifs. "Les automobilistes se comportent entre eux de manière beaucoup plus civilisée", affirme M. Hamilton-Baillie, évoquant la ville néerlandaise pionnière de Drachten, où les feux ont disparu de la place Laweiplein en 2003. "Ils ont même élaboré leurs propres signaux manuels pour communiquer entre eux", ajoute-t-il. La place Laweiplein voit passer 22.000 véhicules par jour, dont des dizaines de bus. Ceux-ci mettaient auparavant 53 secondes en moyenne pour traverser ce carrefour contre 24 à 36 aujourd’hui, selon les autorités. Par ailleurs, en 2004 et 2005, on a déploré seulement deux accidents ayant fait des blessés, au lieu de dix en 2002, quatre en 2001 et neuf en 2000. (…)

Selon les psychologues, une pléthore de panneaux crée la confusion chez les automobilistes, qui en ignorent de toute façon 70%. Les conducteurs peuvent également être irrités par une longue liste d’instructions alors que s’ils peuvent interagir librement, ils peuvent avoir un comportement plus prudent et civilisé, ajoutent-ils. A Ejby, dans le centre du Danemark, on a enlevé les panneaux de signalisation et redessiné une partie du centre. "Certaines de nos villes sont aujourd’hui des jungles de panneaux où les automobilistes sont désorientés", affirme Peter Kjems Hansen, du département technique de la ville. (…) A Londres, dans la rue encombrée de Kensington High Street, le démantèlement de 850 mètres de barrières de sécurité pour les piétons et de nombreux panneaux et marquages en 2000 a porté ses fruits: entre 2000 et 2003, le nombre de piétons blessés a chuté de près de 60% et la circulation est plus fluide. (La Libre 07/12/2006)

On ne sait pas qui sont ces ingénieurs, mais leur point de vue est utilement corrosif. L’automobile est le domaine par excellence où se déchaîne le délire étatique de contrôle. Dispositions impératives du "code de la route", contrôles policiers, photos, radars, multiplication des signaux, interdictions diverses, exhibition sur ordre des pièces d’identité, assurances forcées, numéros de chassis à des fins de traçage, plaques minéralogiques obligatoires et payantes (restituables, mais non remboursables), port "obligatoire" d’accessoires de sécurité…

Or les chiffres produits et les expériences menées montrent que faire confiance aux automobilistes non seulement ne se traduit pas forcément par un accroissement du nombre d’accidents, mais peut même en entraîner la diminution. Qu’il y a alors développement de nouveaux codes de communication, meilleure concentration de l’attention, et un comportement plus responsable.

Tant il est vrai que la sécurité sur la route est en dernier ressort basée sur une autorégulation qui ne peut être entièrement fondée sur la peur du gendarme, et qui ne peut être remplacée par elle.


(4.1/5 - 27 Votes)
- Le piège de l’euro Economie, Ethique, Justice - 05-12-2006 - TSCF

US dollar notes exchange hands at a local bank in BeijingL’euro qui monte, qui monte… quelles conséquences?

En quinze jours, la devise européenne a vu sa valeur gonfler de 4 pc face au dollar. Principale cause de la hausse : l’évolution contrastée des taux d’intérêts aux Etats-Unis et en Europe. Pas d’inquiétude pour l’instant, estime une analyste. Sans lever le petit doigt, le détenteur de fonds monétaires libellés en euros vient de voir ses actifs gonfler de 4 pc en quinze jours. Soit une hausse impressionnante de… 96 pc en glissement annuel ! À condition de se référer au dollar. Car bien qu’elle se soit aussi appréciée face à d’autres monnaies comme le yen, c’est face au billet vert que la devise européenne a enregistré cette progression fulgurante.

Pourquoi l’euro a-t-il bondi aussi fortement contre le dollar ? L’élément de réponse le plus évident réside dans le différentiel des taux d’intérêts entre les Etats-Unis et la zone euro. Alors que la Réserve fédérale américaine (Fed) a marqué une pause dans son cycle de relèvement des taux et pourrait même les abaisser vers mars ou avril 2007, la Banque centrale européenne (BCE) continue, de son côté, à serrer la vis monétaire. Les économistes s’attendent à une hausse du principal taux directeur de la BCE ce jeudi, à 3,5 pc. Et il se pourrait bien que ce ne soit pas la dernière. "Lors de sa précédente réunion , la BCE a laissé la porte ouverte à de nouvelles hausses des taux", explique Annick Pierard, analyste chez ING. "Selon nos estimations, elle relèvera encore ses taux d’un quart de point, au plus tôt en février. Dans l’état actuel, nous estimons que 3,75 pc sera le taux maximum pour 2007." Étant donné que, contrairement à la BCE, la Fed devrait quant à elle abaisser ses taux en 2007, les cambistes ont tendance à revoir leurs positions en dollars. Et à privilégier l’euro.(…) Les cambistes gardent aussi un oeil sur l’Asie. Car c’est là que se trouvent concentrés les deux tiers des réserves de change de la planète. "Quand la Banque centrale de Chine dit qu’elle pourrait diversifier ses réserves, il y a inévitablement un effet sur le marché des changes", souligne Annick Pierard. "L’inquiétude des opérateurs grandit et ils ont tendance à vouloir se couvrir contre une éventuelle baisse du cours du dollar".

En cas de hausse de l’euro, les entreprises qui exportent hors de la zone euro sont pénalisées, leurs biens et services devenant plus chers à la vente. A cet égard, le niveau actuel de la devise européenne (plus de 1,33 dollar) est-il critique ? "Non", estime Annick Pierard. "Loin de ne suivre que le cours de l’euro face au dollar, la BCE calcule un taux de change effectif permettant de mesurer la compétitivité des entreprises européennes. Le niveau de ce taux n’est pas encore préoccupant" .Il n’y aurait donc pas de quoi s’inquiéter pour la compétitivité européenne dans l’état actuel des choses. (Source: La Libre Belgique 05/12/2006).

Ce type de fausse bonne nouvelle a de quoi préoccuper, tant quant à la qualité de l’information journalistique qu’à celle de l’analyse économique.

L’économie de l’eurozone est exsangue. Il suffit de regarder autour de soi pour apercevoir l’apathie générale, le développement de la pauvreté, de la précarité, la faiblesse de la croissance, la permanence du chômage, la difficulté de vivre. La BCE suit une logique purement monétariste héritée de son histoire, et qui était celle de la Bundesbank avant elle; mais la Bundesbank opérait elle-même dans un contexte allemand d’économie sociale de marché qui n’est pas le contexte européen. A cet égard, la montée de l’euro n’est pas une bonne nouvelle. Que des spéculateurs boursiers ou commerciaux en profitent ponctuellement ou systématiquement est possible; c’est là leur affaire et non celle de la majorité. L’euro n’est pas "fort" parce qu’il est soutenu par une économie forte. Il monte parce qu’une économie exsangue génère moins d’inflation apparente, importe moins; parce que les coupes dans l’emploi et les salaires favorisent à court terme les profits financiers.

Il faut aussi remarquer que si l’euro progresse, c’est principalement et depuis le début, par rapport au dollar américain. Pourquoi? Tout porte à croire que le gouvernement américain a choisi de laisser filer le dollar pour faire financer ses gigantesques déficits par l’étranger, et singulièrement par l’Union Européenne, afin de poursuivre sa politique d’expansion et de soutien à l’économie, y compris l’économie militaire.

Nos "intelligents" dirigeants européens auraient-ils été pris au piège de leur ambition impériale? Ils pensent sans doute faire reposer sur la majorité des Européens les conséquences de leur politique…

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